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MALADIES DKS YEUX DE L'ENFANCE

séjour a montré chez eux, dans l'année suivante d'études, une amélioration notable et persistante. Ce n'est pas tout à fait ainsi qu'on procède en Danemark, où il est d'usage de placer, pendant les \acances, les enfants, d'habitude à deux ou trois, en pension chez des paysans. Cette méthode est sous certains rapports inférieure à celle des colonies de vacances; mais elle a, d'un autre côté, l'avantage inappréciable de causer moins de dépenses, les paysans prenant les enfants presque pour rien.

En Danemark, dans les dernières années, on ne comptait pas moins de sept mille enfants ayant passé de cette manière l'été à la campagne. Dans le même espace de temps (1876 à 1881), le nombre des enfants reçus dans les colonies de vacances s'est élevé seulement à cinq mille neuf cent quatre-vingt-quatre pour les trois pays de Suisse, Autriche et Allemagne. Hambourg et Brème ont commencé à imiter cet exemple, donné par le Danemark.

Quant aux enfants vraiment malades, les sanatoria sont tout naturellement désignés, parce qu'ils sont établis en partie sur les bords de la mer, en partie dans des stations de bains, connues pour leur action favorable sur la scrofulose.

La plus ancienne station maritime remonte au siècle dernier. C'est l'hôpital national de Margate, sur le rivage anglais, qui reçoit chaque année sept cents enfants. Abstraction faite de cette institution, c'est en Italie, qui ne compte pas moins de vingt établissements de ce genre (ouverts une partie de l'année), qu'ont été fondées les premières stations maritimes. Les autres États européens ne tardèrent pas à suivre son exemple et bientôt aussi l'Amérique du

nord. En Italie, le séjour des enfants est, en moyenne, do quarante-cinq jours. En France, au contraire, il s'étend de neuf à douze mois.

A l'égard des inflammations scrofuleuses récentes des yeux, on n'est pas toujours fixé sur la façon dont agissent, par exemple, le séjour au bord de la mer et les bains; mais il est hors de doute que les enfants qui, après une première attaque, sont conduits dans ces stations, reviennent chez eux plus forts et moins exposés aux récidives. On peut en dire autant des bains d'eau salée, qui se trouvent dans beaucoup de stations de bains, pour les enfants pauvres et qui sont très utiles pour combattre la scrofulose (1). lisse recommandent moins pour les cas récents que pour les affections oculaires d'origine scrofuleuse déjà au déclin.

Malheureusement, on n'a pas encore pu donner à cette philanthropique organisation le développement nécessaire, parce qu'elle dépend surtout de contributions volontaires : il faudrait d'abord obtenir du gouvernement qu'il accordât des subventions et qu'il abandonnât des terrains pour la construction d'hospices ; il faudrait aussi s'entendre avec les chemins de fer pour le transport gratuit (aller et retour) des enfants, et intéresser le public à ces œuvres par la voie des joui'naux, par des conférences, etc.

§ 6. Les autres maladies générales des enfants qui peuvent engendrer des maladies des yeux ne jouent, relativement à la scrofulose, qu'un rôle secondaire. Le rachi-

(i) Uffelmann donne {Deutsche Vierteljahi-schrifl f. GcsundheUspflege, XII. B, page 704) une pelile carie des sanaloria établis pour les enfants au bord de la mer el à la campagne; elle désigne aussi les bains salés.

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tisme peut être la cause d'une cataracte lamellaire. Les maladies tuberculeuses des yeux sont trop rares pour être prises ici en considération.

La syphilis héréditaire existe fréquemment chez les enfants, qu'elle rend souvent cacliectiques.

Les diverses manifestations de cette maladie sont tellement semblables à celles de la scrofulose, qu'il est parfois difficile d'établir une différence entre les deux maladies. L'usage des toniques est souvent ^Dréférable, pour les enfants, à un traitement, sévèrement antisyphilitique.

Dans le marasme général des enfants, de Grxfe (1), le premier, a décrit sous le nom de kératomalacie une variété de suppuration de la cornée, qu'il a liée à tort à l'encéphalite. 11 avait, en même temps, observé la xérose de la conjonctive, sans toutefois la décrire d'une manière spéciale. Cohn (2) en a fait, le premier, ressortir la connexité, et dans tous les cas graves de xérose de la conjonctive observés par lui, il existait en même temps un marasme général.

Nous avons donc, dans le marasme, la xérose de la conjonctive et la suppuration de la cornée, un ensemble bien défini de symptômes. Si l'enfant ne succombe pas aux suites de son marasme, ce qui arrive le plus fréquemment, la force visuelle, tout au moins, est sérieusement atteinte, sinon entièrement abolie. La kératomalacie est le plus souvent la conséquence de la syphilis héréditaire et elle est, en résumé, assez rare (3).

(1) Gi'fefe's kvchiv f. Ophthalmologie, XII B., 2 Abtb., p. 230.

(2) Uebcr Xti'osis conjonctiv. Breslaii, 1868.

(3) Colin a trouvé parmi 1000 aveugles, 8 cas de kératomalacie.

Elle existe surtout en Russie et au Brésil; en Russie particulièrement après les grands jeûnes, où elle enlève beaucoup d'enfants ou les rend aveugles (1). Au Brésil, les enfants mal nourris des nègres en sont surtout frappés (2). Le traitement doit, avant tout, consister dans l'amélioration de la nourriture, et localement dans l'emploi de lotions chaudes.

Bien d'autres maladies de l'enfance, telles que les exanthèmes aigus, le typhus, la méningite, la toux convulsive, etc. (3) peuvent être accompagnées de maladies des yeux. J'y reviendrai dans la quatrième section.

(1) Thalberg, Arch. f. Auçjenheilkunde, t. XII, p. 320.

(2) Gouvea, von Grœfe's, Arch. fur Ophth., XXIX, B. 1 Âblh., p. 167, Leber, von Grœfe's Arch., XXIX B., 3 Ablb. p. 225.

(3) Landesberg {Med. and surg. reporter, XLTII, sept. 1880) cile quatre cas d'inflammation des yeux, dans la coqueluche : deux fois, névnle optique (guérie dans le premier cas avec V= 15/30; dans le second, j^ygg V = 15/100); une fois exophlhalmie ; une fois enfln luxation du cristallin.

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