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CAUSES ET PHIÎVENTION DE LA CÉCITÉ

sans être brillants toutefois, afin île réfléchir la lumière et ne pas aveugler les élèves [Cohi). La lumière directe du soleil doit être éloignée des bancs des écoliers. Dans ce but, on peut employer des carreaux mats, des stores, des persiennes, des rideaux, etc. Les opinions, à ce sujet, sont partagées : les vitres blanches sont rejetées par les uns, à cause de l'aveuglement qu'elles produisent; les jalousies par les autres comme trop fragiles. Ce qui me paraît le mieux, ce sont des rideaux de couleur grise. Cohn vante les rideaux, qu'il a vus dans l'école modèle américaine, à l'exposition de Vienne. Ils occupaient la moitié des fenêtres, de façon à être descendus dans la moitié inférieure de la fenêtre, à être remontés dans la moitié supérieure, ou à la cacher entièrement selon la nécessité.

§ 15. Éclairage artificiel. — L'éclairage artificiel est nécessaire pour l'instruction du soir et, en hiver, pour la première ou même pour les deux premières heures du matin. Les écoles primaires qui n'ont que peu d'heures d'étude peuvent choisir la partie la plus claire de la journée, pour faire leurs classes. L'éclairage artificiel s'applique donc surtout aux écoles moyennes et aux écoles supérieures. Ces dernières se trouvent dans les villes et sont généralement éclairées par la lumière du gaz.

D'après Cohn et Varrentrapp, il devrait y avoir une flamme pour quatre écoliers, les bancs étant à deux places. Les flammes sont pourvues d'un cylindre et d'un abatjour, qui devrait être en zinc et laqué de blanc à l'intérieur. Devant le tableau noir, il devrait y avoir une ou plutôt deux lampes (une de chaque côté). Un réflecteur de fer-blanc devrait projeter la lumière sur le tableau, tout en

la dérobant aux regards de l'écolier. Lorsqu on ne peut avoir le gaz, le pétrole doit être préféré à l'huile. Enfin pour les grandes écoles, où il y a des classes du soir, et spécialement pour l'enseignement du dessin, l'éclairage électrique doit être conseillé. Le premier essai en a été fait à l'école industrielle de Liège ; l'éclairage électrique y fonctionne depuis octobre 1883, époque de l'ouverture de cette école. Trois salles de dessin sont éclairées à la lumière électrique ; chaque salle mesure 12 mètres et demi en largeur et le double en longueur et elle est éclairée par deux lampes électriques à arc, au-dessous desquelles se trouve un miroir concave, qui, d'un côté, dérobe à l'œil le foyer de la lumière et de l'autre la projette sur le plafond blanc. De là, elle se réfléchit partout dans la salle.

Elle vient donc, de fait, d'en haut, et tombe assez régulièrement sur toutes les tables des dessinateurs, tandis que la source même de lumière est cachée. L'éclairage est très abondant sans aveugler aucunement (1).

B. — Mobilier scolaire.

§ 16. Une cause très importante de la myopie scolaire réside en ce que les élèves, en approchant leurs yeux trop près des objets, forcent l'accommodation plus que ne l'exige le travail qu'ils ont à faire.

La distance des objets de travail se trouve en rapport avec la dimension même du corps {Berlin). De petits enfants, à cause de leurs bras courts, se tiennent forcément,

(1) Voir aussi § 6:i : Éclairage artifiGiel.

Kj CAUSIÎS ET PlUiVENTlON UIÎ LA CÉCITÉ.

ipoiir écrire, plus près de leur travail que des enfants plus grands ou des adultes. A ces diflerenccs établies par l'âge, -correspond une accommodation plus grande, propre à l'âge •de l'enfance et qui décroît plus tard.

Cette distance des objets pour le travail dans les limites fixées par la grandeur du corps varie en raison même des facteurs suivants, dont, à l'exception des deux premiers, nous sommes tout à fait maîtres :

1" Acuité visuelle et réfraction.

2° Éclairage.

3° Grandeur des objets.

4° Méthode d'écriture.

5° Construction des bancs et des tables d'écoles. 6° Tenue habituelle des élèves.

L'écolier est bien placé, si la moitié supérieure de son •corps est droite, le bassin et les épaules parallèles au bord de la table et la tète droite aussi, ou très peu inclinée en avant. Les pieds doivent reposer sur le plancher et le dos être soutenu par un dossier montant jusqu'aux reins. Pour ■écrire, l'avant-bras seul et non le coude s'appuiera sur la table. Avec une pareille tenue, on évitera à l'écolier les déviations de l'épine dorsale et la myopie. Une bonne construction des bancs est absolument nécessaire dans ce but. 11 en •existe un grand nombre de modèles, qui se trouvent désignés dans les ouvrages de Colin, JRiant (i), Bagi7isky {2). Je poserai simplement ici les bases principales sur lesquelles •ils doivent être établis.

1° Dime)ision des bancs. — Dans chaque classe ils doi-

(1) Eygiùne scolaire, Paris, 1877.

(2j Manuel de Vhyglène des écoles, Hi'ilin, 1877.

MALADIES CAUSÉES l'Ail L'ÉTUDE ET L'ÉDUCATION. 47

venl cti'c de diiïôrenlos grandeurs, ;ii>[)ropriéos ui;x divers âges des enfants qui fréquentent l'école.

2° La distance verticale entre la table et le banc doit cire seulement un peu plus grande que celle qui existe entre le coude et le siège (soit 1/8 de la longueur du corps).

3° V éloignement horizontal entre la lal)le et le banc doit être négatif, c'est-à-dire que le banc doit s'avancer un peu sous le bord du pupitre pour faciliter l'écriture avec le dos appuyé et le coude non relevé (5 centimètres d'avancement, Biichner et Cohn).

Cette position relative de la table et du banc n'étant pratique que pourl'écriture, ilsera bon que la tablette puisse glisser ou se replier.

Les tables delûmze, d'Olmûtz et Gardât remplissent ce but d'une façon parfaite.

4° La hauleiir des bancs doit avoir les 2/7 de la longueur du corps.

5" La largeur du banc, 1 /5 de la longueur du corps, soit 22 à 33 centimètres; la longueur de la place pour chaque élève doit être au moins de 64 centimètres (1).

6° Le dossier ào'A monter jusqu'aux reins, et se mouler sur le dos.

7" Le plan de la table doit être incliné de façon à faciliter l'attitude droite de l'enfant en même temps que les

(1) Le sysltMiie Gréard n'accorde que ili coiiliinMi i^s .

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inouvemenls nécessaires du bras. Cohn propose une inclinaison de 1 : 6 (9 l/2'>).

8° La largettr de la table doit être proportionnée à la taille des élèves. D'après Cohn elle doit être au moins 0,40.

Si même ces conditions sont remplies, on trouve encore des élèves qui, par mauvaise habitude, conservent une tenue défectueuse. Ceux-ci devraient faire usage d'un appareil maintenant le front à une distance déterminée de l'objet de travail. Le meilleur a été imaginé parKallmann à Breslau (fig. 5). Fœrster (1) a retiré de grands avantages de l'emploi de cet appareil combiné aux verres appropriés chez les myopes.

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