CAIISIÎS ET PRÉVENTION DE LA CÉCITÉ
§25. Médecins d'école. — La surveillance d'une écolo comprend un gi'and nombre de points ayant trait à l'hygiène de la construction, à l'état de santé des enCants, aux maladies contagieuses dont ils peuvent être atteints, à l'attitude vicieuse qu'ils prennent, au point de vue de la déviation do la colonne vertébrale, et enfin, à l'hygiène de la vue. 11 faut, sur tous ces points, qu'un contrôle précis et sévère soit exercé, car si on ne peut réaliser une bonne surveillance, mieux vaut n'en pas avoir, attendu qu'une mauvaise surveillance laisse les parents en sécurité sans la moindre protection réelle pour leurs enfants.
Le choix des médecins-inspecteurs est donc une chose difficile, car il faut qu'ils connaissent non seulement l'hygiène, mais aussi tout ce qui concerne l'œil.
L'Autriche est le pays où l'enseignement des maladies des yeux est introduit depuis plus longtemps que partout ailleurs, et où il est obligatoire pour tous les étudiants; cependant, je puis, d'après mes propres observations, assurer que ks connaissances des médecins praticiens en fait de maladies des yeux laissent encore beaucoup à désirer.
En Allemagne, il n'y a encore que peu d'années que toutes les Universités possèdent une clinique pour les maladies des yeux ; à Paris, il y en a une depuis quatre ans seulement. En Angleterre, cette instruction spéciale n'est pas obligatoire, et la plupart des médecins n'étudient pas celte branche de la médecine.
Comment, dès lors, peut-on exiger d'un simple praticien la connaissance des maladies des yeux, et la détermination de la réfraction oculaire des élèves, tâche toujours difficile? Même si on les y obligeait, on ne pourrait pas
MALADIES CAUSÉES l'Ail L'ÉTIHIK l£ï L'ÉDUCATION. O:)
compter sur rexaetitude de leurs résultats. 11 faut dunr ([ue les visites dans les écoles soient faites par des médecins spéciaux et relevant de l'Etat. Ces médecins devraient tous avoir subi un examen sur les matières ressortissant à leur emploi, par exemple' l'hygiène ; alors ils seraient dignes de la mission à eux confiée, de surveiller les écoles.
Eu égard à la difficulté de trouver un nombre suffisant de médecins spéciaux, on pourrait distinguer entre les écoles. Pour les écoles de village, oi^i Cohn n'a trouvé guère ([ue 1,4 °/o de myopes, on pourrait confier l'examen des enfants à un simple médecin, et laisser de côté la détermination de la réfraction. Les écoles moyennes devraient, au contraire, être inspectées par des médecins de district, auxquels seraient adjoints des oculistes, da,ns toutes les villes où il s'en trouverait.
Parmi les nombreux points sur lesquels il convient d'atliror dès à présent l'attention, dans la surveillance des écoles, je citerai les suivants :
1° Le gouvernement devrait, suivant les conclusions d'une commission compétente, établir des règles relatives à la construction des écoles, à leur mobilier scolaire, à lu matière et à la méthode d'enseignement, aux livres (1). Ces règles devraient être observées strictement dans toute nouvelle école créée. Pour celles qui existent, on déterminerait un minimum obligatoire.
2" Toute école devrait être soumise à l'examen d'une
(I) Par arrêté miiiislériel, 13 mai 1879, il existe à Paris un musée [•'•dagogique avec bibiiollièque, el reiifermaiU tous les objets nécessaires à l'hygiène scolaire. Il en est de même à I3ruxelles.
«i CAUSES ET l'IlÉVENTION DIî LA CÉCITÉ,
cominissioii qui se prononcerait, souverainement, sur la ([uestion de savoir si cette école réalise les conditions tixigées, si on doit y apporter des modifications, ou si enfin elle doit être fermée comme ne les réalisant pas.
3" Les médecins d'école devraient être nommés et rétribués parle gouvernement. Là où se trouve le siège d'un médecin de district, la surveillance des écoles devrait faire partie de ses fonctions. Dans les localités où se trouve un oculiste, celui-ci pourrait être chargé de l'examen des veux.
4» 11 est indispensable d'examiner à l'ouverture des cours, chaque année, la réfraction de tous les élèves des écoles moyennes (industrielles et commerciales, professionnelles, lycées, etc.), et de dresser un état de cet examen. Le médecin devra, après un examen consciencieux, indiquer comment les élèves doivent être placés en tenant compte de leur vision, prescrire ou interdire le port des lunettes, et indiquer le choix des verres, en même temps qu'il devra permettre ou interdire certains travaux, tels que le dessin, par exemple; enfin les parents devront, par son intermédiaire, être mis au courant des meilleures mesures ti prendre, pour protéger les yeux de leurs enfants, et l'autorité elle-même devra être informée des résultats de l'examen médical.
L'ensemble de ces mesures, si elles sont scrupuleusement exécutées, contribuera à atteindre le but que nous poursuivons, à savoir la prévention de la myopie. 11 serait aussi à désirer que les personnes qui se destinent à l'enseignement eussent des connaissances en hygiène.