Population réunie
MALADIES CONTAr.IKdSES DUS YEUX. Ki:;.
Quelle est l;i proportion véritable de la hlennorrliéo p;,nui les causes de la cécité ea général ? D'une part lc5; élablisscments d'aveugles la donnent trop élevée, par la. raison qu'ils admettent surtout de jeunes aveugles parmi lesquels la hlennorrliée est relativement fréquente; d'un autre côté, dans les cliniques, les aveugles de ce genre sfprésentent beaucoup plus rarement que les autres, la plupart d'entre eux considérant leur mal, qu'ils ont depuis l'enfance, comme incurable. C'est pour cela que Cohn et Magnus en ont relevé un si médiocre tantpour cent. Enfin, pour ce qui concerne les examens faits sur les aveugles d'une population tout entière, ils sont trop peu nombreux et ne présentent pas assez de garanties pour qu'on puisse en tirer des conclusions précises; en tout cas, on peut dire que la blennorrhée n'est pas répandue au même degré partout, cl que les conditions qui la favorisent sont loin d'être les^ mêmes dans les diverses populations, car elles dépendent d'une part de la fréquence du catarrhe vaginal et d'autre part du degré de civilisation et partant de la propreté.
s; 41. La iwo'phylaxie de la blennorrhée des noKveau-néa doit être une des plus grandes préoccupations de l'hygiène. Il faut qu'on sache qu'une mesure bien appliquée dès ledébut peut, dans la plus grande partie des cas, en arrêter le développement. Lorsque la prophylaxie aura été insuffisante, nous possédons des méthodes de traitement qui peuvent avec assez de certitude prévenir la cécité.
Nous devons, en conséquence, nous occuper ici des moyens prophylactiques, contre la contagion, aussi bien que du traitement de la blennorrhée elle-même.
A. — Prophylaxie de la blennorrhée.
La prophylaxie de la blennorrhée découle de la connaissance même que nous avons de son développement par contagion. Déjà, à cet égard, au commencement de ce siècle, en 1807, Gibson a fort exactement et clairemonl posé les bases de la prophylaxie en formulant les projjositions suivantes ;
1° 11 faut faire disparaître les flueurs blanches de la mèi e pendant la grossesse.
2° Si on n'y a pas réussi, il faut, pendant l'accouchement, en débarrasser le vagin.
3° Lotions des yeux de l'enfant aussitôt après la naissance, pour empêcher les effets nuisibles du contact des matières avec ses yeux, à l'aide d'un liquide capable d'en neutraliser l'action nocive.
Même de nos jours, on n'aurait pu établir les conditions de la prophylaxie d'une manière plus précise. Il est donc tout à fait surprenant que ces efforts aient été oubliés, tandis que les idées de contagion de la blennorrhée gagnaient chaque jour du terrain. C'est Bischoff {\), de Bâlc, en 1875, qui le premier entreprit dans la Maternité de cette ville, la désinfection du vagin par une solution phéniquée, et celle des yeux par une solution d'acide salicylique. Schiess, en 1876, publia aussi, à Bàle, un avis dans lequel il exigeait des sages-femmes qu'elles employassent, aussitôt après la naissance, un désinfectant pour laver les
(1) HonuT, GcrharcU's H(mdbuch dcr Kindcrhrankh., I. V, p. 269.
MALADIES CONTAOIErSIÎS DES YlîtlX. 107
yeux des nouveau-nés. Depuis cette époque, des pratiques analogues ont été mises régulièrement en usage dans plusieurs établissements et des rapports ont été faits à ce sujet.
La prophylaxie doit s'exercer aussi bien pendant qu'ans- ^ sitôt après la naissance.