ENSEM I1I.E
1 p. 100 solution phé-
2 p. 100 nitrate d'argent
K7'iikenberg (1) a fait les mêmes expériences comparatives; seulement il a employé le nitrate d'argent'sous forme de pommade à la vaseline à 2 "/o, mais il donne maintenant la préférence cà la solution. Voici du reste les résultats obtenus.
.Sans traitement 7.3 p. 100
Avec 2 p. 100 acide phénique 13.4
Avec 2 p. 100 pommade an nitrate d'argent, . . 0.14
En résumé, le traitement désinfectant est efficace, aussi bien contre le catarrhe que contre la blennorrhée des
(1) Krukenberg avait parmi 703 enfants, traités par la pommade, 4 cas de blennorrliée, soil 0,56 p. 100; trois de ces enfanls furent atteints seulement du septième au neuvième jour, ce qui établit, sans aucun doute, que la contamination élail postérieure à la naissance. Aussi, élimine-t-il avec raison ces cas, pour ne considérer que ceux chez lesquels la désinfection avait été inefficace.
Ili- CAUSES ET l'IlÉVENTlUN DE l.A CÉCITÉ.
nouveau-nés; la solution de nitrate d'argent agit encore plus sûrement que l'acide pliénique, et comme il est démontré qu'elle n'est pas dangereuse pour la cornée, on
doit lui donner la préférence sur le dernier.
Enfin, il faut convenir que le procédé de CVeWe est des
plus simples. Ilconsiste, aussitôt après la section du cordon,
à plonger l'enfant dans le bain, à lui faire laver les yeux
avec de l'eau, et à lui instiller dans les yeux entr'ouverts,
au moyen d'une baguette de verre, une seule goutte delà
solution à 2 ^ j d'azotate d'argent.
Ce médicament, dont l'action ant*îseptique est due à la coagulation immédiate de l'albumine qu'il provoque, arrête l'infection plus sûrement que l'acide pbénique, parce que son action est moins superficielle et qu'il est capable d'atteindre les micro-organismes, agents de l'infection, jusque dans les cellules épithéliales de la conjonctive. Le sublimé corrosif est aussi un antiseptique très puissant et très sur, d'après l'avis du Conseil d'hygiène de l'empire allemand; à ce titre il mérite d'être expérimenté (1).
§ 44. Toutes ces méthodes, en usage presque exclusivement dans les maternités, doivent-elles être propagées au dehors et confiées auxsages-femmes? — La prophylaxie de la blcnnorrhée des nouveau-nés est encore plus importante à instituer au dehors que dans les maternités : IMe nombre des naissances dans les maternités n'est qu'une faible fraction de toutes les naissances ; 2° l'ophtalmie est moins dangereuse dans ces établissements, parce qu'elle est aus-
(1) M. le professeur Tarnier l'emploie depuis plusieurs années déjà dans son service à l'hôpilal de la Maternité el en obtient d'excellents résultats. [Note du traducteur.)
MALADIES CONTAGIEUSES DES YEUX. Un
sitôt Tobjet d'un traitement. Dans le peuple, au contraire, la blennorrhée est négligée ou mal soignée, et la terminaison en est souvent fatale; aussi les sages-femmes doivent-elles être en état d'exercer cette prophylaxie, surtout dans les pays comme la Suède, par exemple (1), où les médecins sont peu nombreux.
11 faut que le procédé confié aux sages-femmes soit des plus simples à appliquer, et ne nécessite pas le retournement des paupières, car par une manipulation maladroite le danger serait aggraA'^é, et le cul-de-sac, qui doit être surtout atteint par la solution, puisque c'est là que s'accumule la matière infectieuse, ne serait précisément pas atteint et mis à découvert; la simple instillation, au contraire, se répand dans les culs-de-sacs supérieur et inférieur, par la simple fermeture des paupières. ïNi Grédé, ni Kônigstein, ni Felsenreich, n'ont fait retourner les paupières par les sages-femmes, ce qui ne les a pas empêchés d'obtenir d'excellents résultats; aussi ne doit-on permettre aux sagesfemmes de faire les instillations par la méthode indiquée, qu'après la leur avoir consciencieusement enseignée.
L'introduction de ces méthodes dans la pratique sera facilitée, lorsque le public connaîtra lui-même les dangers de l'ophtalmie elles moyens efficaces qu'on peut lui opposer. Les parents insisteraient alors souvent eux-mêmes pour <[u'on fît le nécessaire. Des ouvrages populaires ont été publiés là-dessus par différents auteurs. C'est ainsi que Brière a fait distribuer, au Havre, aux parents des enfants dont on déclarait la naissance, des avis de ce genre. Fieiizal
(1) Eo t878, 381 délivrances parle forceps ont élé pratiquées pailes sages-femmes. Irgens, Ccnlralhlatt fùv Gynâhilog., 1880, q''47.
IKi CAUSES ET l'UÉVENTlON DE LA CÉCITÉ.
a |ti'oposc (iii'iin pareil avis Itit annexé au livret de famille (pic lo maire donne aux époux, le jour du mariage. Rolh, au nom de la Société anglaise pour la prévention de la cécité, a publié diverses brochures relatives à la blennorrhée; enfin, quelques gouvernements, émus de ces diverses propositions, les ont déjà prises en considération.
En 1878, a paru en Prusse, un nouveau manuel pour les sages-femmes, dans lequel Fauteur dit : « La sage-femme doit toujours commencer par le lavage des yeux, mais pas avec l'eau du bain. » U aurait pu ajouter « et pas au moyen des éponges du bain. » En septembre 1880, le gouvernement français fit insérer au Journal des communes une note appelant l'attention générale sur cette question. En décembre 1882. le gouvernement autrichien conseilla, dans une ordonnance, d'adopter la méthode de Crédé. Le ministère de l'intérieur de Hongrie, cà son tour, publia un écrit populaire sur la blennorrhée des nouveau-nés qu'il fit distribuer à toutes les sages-femmes du pays.