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INFECTION APRÈS LA NAISSANCE

§ 45. Le lavage du corps de l'enfant, lors du premier bain, répand dans cette eau la matière infectieuse, et Sdmmer pense que c'est par le lavage du visage, avec cette eau «empoisonnée >.,que se fait surtout la contamination de la conjonctive. Je crois qu'il y a là de l'exagération, car, d'après les essais de Piringcr, un certain degré de dilution de la matière virulente lui enlève presque la totalité de son pouvoir; néanmoins, on fera bien de laver le visage avec un linge ou une éponge, destinés exclusivement à cet effet,

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oi trempés dans de l'caii pure, non seulement au jti'cmier bain, mais aussi les jours suivants.

C'est par la sécrétion lochialeque se fait rinfection, dans les jours qui suivent la naissance. Dans beaucoup de maternités, et aussi dans les classes inférieures de la société, le nouveau-né reste dans le lit de sa mère, ce qui rend possible la contagion directe pai' les mains ou le linge. La propreté la plus sévère doit être exigée du personnel ([ui entoure la mère etl'enfant et de la part de l'accouchée jnème. HaussmcmiiT^eme que les injections avec de l'eau phéniquée à 2 %, dans le vagin, renouvelées deux foispar jour, sont un excellent moyen d'évacuer la sécrétion lochiale. Greefe prescrit l'instillation deux fois par jour delà solution ci-dessus, dans les yeux de l'enfant, pendant les deux premiers jours.

Dans les maternités et établissements d'enfants trouvés, la contagion se fait souvent d'un enfant à l'autre, par suite du peu de précautions des gardes, qui se servent des mêmes éponges et linges pour des enfants sains et malades. Chaque enfant devrait avoir pour lui seul, tout ce qu'il lui faut.

Dans les maisons d'enfants trouvés, il devrait être interdit de prendre des nourrices atteintes de catarrhe vaginal virulent ou de blennorrhée oculaire. Beaucoup d'enfants arrivent dans l'établissement avec le germe de l'ophtalmie purulente, qui ne se déclare qu'un ou deux jours après leur admission ; aussi Haussmann conseille-t-il l'instillation à tous les enfants admis, de la solution de nitrate d'argent dans le cul-de-sac conjonctival, une fois par jour.

L'encombrement est une des principales causes qui favorisent le développement de la blennorrhée. Malheurcu-

sèment il existe dans la plupart des grandes maternités et des établissements d'enfants trouvés ; aussi ne saurait-on prendre trop de précautions au point de vue de la propreté et de l'aération. Le médecin doit tous les jours inspecter les enfants, et faire iso/ci- ceux qui sont atteints. Lefort a obtenu d'excellents résultats de celte pratique, à Paris.

B. — Traitement de la blennorrhée.

§ 46. Grcàce à l'introduction des mesures prophylactiques dont nous venons de parler, on arrivera à réduire l'ophtalmie purulente à son injaiimum dans les maternités, et aussi plus tard dans le public. Mais elle ne disparaîtra jamais complètement; heureusement qu'une thérapeutique appropriée est de nature à combattre efficacement cette maladie, et là-dessus les oculistes sont presque tous d'accord.

Horner, sur dix mille cas de maladies d'yeux, en a observé cent huit de blennorrhée récente, qui tous ont guéri sans que la maladie laissât de traces. Hirschberg rapporte plus de deux cents cas, parmi lesquels six avaient déjà des troubles de la cornée ; sur les 194 restant, il n'y eut aucun œil perdu. Schiveigger (1), sur quatre cent cinquante-deux cas, en a trouvé cent vingt-trois qui avaient déjà la cornée prise, et malgré cette complication, il en perdit seulement quarante-trois; les trois cent vingt-neuf restants qui furent soumis au traitement avant la complication cornéenne guérirent complètement. On peut donc dire que la guérison est assurée toutes les fois que le traitement peut être institué

(1) Heinrich, NugeVs Jahresbericht f. AiigenheiL, 188-2, p. 341.

avant que la cornée soit prise; d'où l'importance de soigner les malades le plus tôt possible. Dans les maternilcs on les enfants passent 8 jours, cela est facile, et explique les résultats favorables des tables ci-dessus. Dans les maisons d'enfants trouvés, ces derniers sont, comme dans les malernités, sous la surveillance médicale; malheureusemcnl dans certains grands établissements, le personnel médical est tellement surchargé de besogne qu'il lui est impossible de porter constamment l'attention nécessaire sur les yeux.

Il est bien plus difficile de soumettre à un traitement les blennorrhées qui éclatent en dehors de ces établissements. Ce sont précisément ces cas-là qui ont très souvent une issue funeste. Il vaudrait mieux ne pas les traiter du tout, que de les traiter par des remèdes familiers, tels que : lavages des yeux avec de l'urine, application de viande crue sur les yeux, etc., qui ne font qu'augmenter l'inflammation. Hallenhoj/f inshte sur ce fait que les sages-femmes, au lieu d'exiger des parents une intervention médicale, font juste le contraire : elles les déconseillent de s'adresser à un médecin. Qu'y a-t-il donc à faire pour que les enfants blennorrhéiques soient soignés en temps utile? La sage-femme sera tenue d'exiger l'assistance d'un médecin. Le § 7 qui règle la question en Autriche, punit celles-ci lorsqu'elles se dérobent à ce devoir. Il en est de même en Suisse, et cette ordonnance a déjà porté des fruits. D'après ffomer, depuis 1865, il ne se trouve dans l'établissement d'aveugles de Zurich, aucun cas de cécité par blennorrhée conjonctivale des nouveau-nés.

La sage-femme devrait, sous peine d'amende, être forcée de réclamer l'assistance d'im médecin, s'il se développe une

blennorrhée chez le nouveau-né; el si les parents refasent d'obtempérer à sa demande, elle devrait en réierer à Taulorité, et dégager ainsi sa responsabilité. Quanta la méthode de traitement de la blennorrhée, je me bornerai à dire que lorsqu'un enfant a un œil déjà pris, on doit autant que possible mettre le second à l'abri de la contagion. Malheureusement, le pansement occlusif, si efficace chez l'adulle, ne peut être appliqué ici; on devra surtout exiger une grande propreté et, à cause de l'écoulement possible du pus sur le nez, veiller à ce que le décubitus de l'enfant se fasse sur le côté malade ; on évitera ainsi, dans la plupartdes cas, la contamination. On a aussi pensé à désinfecter l'œil sain préventivement, soit avec l'iodoforme, avec la solution de nitrate d'argent, le sublimé, etc.; mais, à cet égard, il n'y a pas encore de méthode définitive à imposer, à cause du petit nombre d'expériences,

§ 47. 11 importe maintenant d'établir les mesures prophylactiques dont les gouvernements doivent prendre l'initiative contre l'ophtalmie purulente des nouveu-nés. Leur premier devoir est d'adresser les instructions suivantes aux accoucheuses :

10 Lorsque celles-ci sont appelées auprèsd' une femme enceinte, elles doivent s'enquérir de l'existence d'un catarrhe vaoinal et, dans ce cas, conseiller la visite d'un médecin ;

90 La sage-femme doit, avant le toucher vaginal, se laver soigneusement les mains et faire la désinfection du vag.n immédiatement avant l'accouchement;

30 Les paupières de l'enfant doivent être lavées avec une solution désinfectante dès que la tête est passée, ou tout au .noinsavant la section du cordon et surtout avantle bain ;

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4° Pour co premier lavage des yeux, de même ([iie pour les suivants, la sage-femme doit faire usage d'eau propre, el surtout d'épongés et de linges particuliers pour le visage de l'enfant ;

5° Après le premier bain, on instillera dans chaque œil une goutte de la solution à 2 p. 100 de nitrate d'argent;

6" L'attention de la mère devra être soigneusement attirée sur la possibilité de la contagion par le transport d'une partie des liquides vaginaux sur les yeux de l'enfant, et elle doit être renseignée sur la manière d'éviter la contagion ;

7° Aussitôt qu'une affection oculaire, même légère, se montre chez un nouveau-né, la sage-femme doit éveiller l'attention des parents sur la gravité possible et la contagiosité de l'affection ; elle leur apprendra le mode de propagation de la maladie, et leur donnera le conseil d'appeler un médecin. Lorsque les parents n'en tiennent pas compte, la sage-femme est tenue d'avertir l'autorité, atin de dégager sa responsabilité. Quant aux parents insouciants, une punition devrait leur être infligée.

Quelques remarques pourraient être faites à propos de chacune de ces mesures, par exemple, si la solution d'acide phénique est le désinfectant adopté, c'est celui-là dont les sages-femmes seront tenues de faire usage pour le lavage des paupières.

Pour la désinfection du sac conjonctival, je conseille le procédé de Crédé, qui jusqu'à présent est celui qui donne le plus de garanties contre l'infection.

Quelques États, la Saxe entre autres, ont interdit auv sages-femmes de traiter elles-mêmes la blennorrhée.

122 CAUSES KT PRÉVENTION Dl-: LA CÉCITÉ.

Le gouvernement doit veiller à la stricte oljservation des mesures prescrites, et infliger un châtiment aux réfractaires. Lorsqu'un enfant est porté a un médecin, avec une blennorrhée négligée, et si celui-ci apprend que la sagel'emme n'a pas fait son devoir, il devrait non seulement avoir le droit, mais être obligé de dénoncer la sage-femme coupable.

La principale objection à cette intervention des sagesfemmes pour le traitement de la blennorrhée, est tirée de l'incapacité, pour la plupart d'entre elles, de le conduire à bonne fin. Aussi devrait-on exiger que pendant leur passage dans les maternités, elles fussent initiées aux pratiques de désinfection oculaire. Celles-ci seraient contraintes à prendre les mesures prophylactiques prescrites.

Quant à celles qui sont déjà dans la pratique, elles devraient se faire initier à l'éducation qui leur manque, dans toutes les villes où cela serait possible ; mais il faut reconnaître que ce serait là pour la plupart une impossibilité que le gouvernement devrait s'efforcer de surmonter en faisant tenir à chacune d'elles un avis explicite sur les moyens prophylactiques à mettre en usage en pareil cas, sans pourtant user de contrainte.

A l'égard du public, le gouvernement devrait encore, selon l'avis de Ficuzal, faire insérer dans le livret de famille, même dans des calendriers populaires, les connaissances nécessaires sur le danger de l'ophtalmie purulente.

MALADIES CONTAfilHUSES DES YEUX.

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