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CAUSES ET PIIÉVENTION DU LA CÉCITÉ

La blennorphôe aiguë résulte aussi de rinfeclion pai- un autre œil blennorrhéique, que ce soit la blennorrhée des nouveau-nés ou la blennorrhée aiguë des adultes. L'infection par la sécrétion des parties génitales malades, ou par des A^eux malados, est très dangereuse pour les infirmiers et aussi pour les médecins, qui, pendant le traitement, sont exposés h recevoir de la sécrétion dans les yeux. De la même façon, s infectent les mères et les nourrices <[ui allaitent des enfanls malades. Elles sont même atleintes plus fréquemment, et cela s'explique par le peu de soin et de propreté de ces personnes. Aussi rencontre-t-on dans les maisons d'enfants trouvés, un nombre considérable de nourrices contaminées. Haussmann donne le relevé suivant, provenant de trois établissements d'enfants trouvés.

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Piringer dit que les nourrices, dans les établissements d'enfants trouvés, se font souvent contaminera dessein par les enfants, afin d'être renvoyées de l'établissement pour leur maladie d'yeux.

Malgré ces fréquentes occasions de contagion, la blennorrhée aiguë des adultes n'est pourtant pas très fréquente; d'après Uirschberg elle représente 1,18 pour mille ; d'après

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Fieuzal{[) seulement, 0,5 poiinnille sur toutes les maladies des yeux. Parmi 1,000 yeux aveugles, Colin en trouva 2(> perdus par la conjonctivite gonorrhéique. La blcnnorrhée aiguë des adultes est de beaucoup plus dangereuse quo celle des nouveau-nés. Dans les cas graves, le traitement le mieux institué n'est pas capable d'empêcher une issuo malheureuse.

§ 49. Lti prophylaxie contre cette maladie consiste à empêcher la sécrétion contagieuse d'arriver jusqu'à l'œil. La malpropreté et l'ignorance sont les causes d'un mal que^ très souvent une simple prévoyance empêcherait d'éclater. Il va de soi que si une personne est atteinte de gonorrhéc ou d'un catarrhe virulent du vagin, le médecin qu'elle consultera, devra attirer son attention sur le danger que courent ses yeux. Malheureusement, beaucoup de ces malades ne consultent pas de médecin, tantôt par honte, tantôt par insouciance. Pour parer à cela, on a institué dans les armées, une visite régulière des troupes. Elle a lieu toutes les semaines et s'étend particulièrement aux maladies vénériennes. Lorsque, par suite de la diffusion de l'instruction, la propreté augmentera dans les classes pauvres, le chiffre de la blcnnorrhée aiguë diminuera forcément.

Le transport de la blennorrhée parmi les nouveau-nés,, dans les maternités et les établissements d'enfants trouvés, peut être évité par le soin nécessaire et par la propreté. Quant à l'etTet que produit une amélioration dans les soins,, l'exemple de l'établissement des enfants trouvés, à Vienne, le démontre pleinement.[Pendantles années 1812-1 813, //^•î/

(1) Congrès inlemational d'hygiène, Genève, t. 1, p. 225.

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il constaté sur cent enfants nouveau-nés blennoi'rlu'!i{jues, 15,7 nourrices contaminées, et dans les années 1856-1863, seulement, 1,23. Il n'y a pas de doute, qu'une plus grande sévérité a l'égard de la propreté diminuerait encore le nombre des malades. Le moyen le plus efficace pour empêcher le transport de la blennorrhée des nouveau-nés aux adultes, serait d'établir le plus sévèrement la prophylaxie contre la blennorrhée des nouveau-nés, aussi bien à l'intérieur des maternités que partout ailleurs. Le nombre des nourrissons malades du côté des yeux diminuerait alors énormément. En cas de maladie, la sage-femme devrait tout de suite avertir les parents du danger de contagion et le médecin réclamé en ferait de'même.

Les médecins et le personnel des infirmiers, connaissant le danger de la contagion, s'en préserveront par une attention vigilante et par une grande propreté. Les injections sont des plus dangereuses, qu'elles aient lieu dans le conduit urinaire, dans le vagin ou dans le sac conjonctival, et qu'elles soient ordonnées pour désinfecter seulement ou pour introduire une matière médicamenteuse ; car il arrive que le liquide souvent éclabousse un peupartoutet peut atteindre l'œil de celui qui donne l'injection. Les oculistes protègent •souvent leurs yeux, dans ce cas, avec des lunettes. Chez les médecins qui soignent les gonorrhées ce n'est pas, je crois, en usage, mais cependant cela ne saurait nuire (1). A l'égard de la blennorrhée aiguë de la conjonctive, on a récemment abandonné, dans beaucoup de cliniques, l'usage de la seringue dans la désinfection des yeux.

(1) Un do mes collègues a, en soignant un malade gonorrlu'i.iuc. infecté son œil au momenl. de l'injection; son œil a été perdu.

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L'injection ne met pas seulement en danger l'œil de ceux ({ui soignent le malade, mais encore aussi l'œil du patient, qui, par un maniement inhabile de la seringue, peut facilement être blesse.

Lorsque que la maladie s'est déjà déclarée, il faut que le secours médical intervienne immédiatement; si un œil seulement est atteint, l'autre doit être protégé par un pansement occlusif, et si, sur l'autre œil, les premiers signes d'une inflammation de la conjonctive se montrent (en dehors du catarrhe qui facilement se déclare sur un œil bandé), je ne crois pas qu'on puisse faire mieux qu'en touchant une ou deux fois par jour la conjonctive (et éuergiquemcnt) avec une solution' de nitrate d'argent à 2 ^j^. J'ai quelquefois, par ce procédé, empêché la maladie d'éclater, mais seulement au début du mal. Si celui-ci a déjà éclaté, on ne doit, au contraire, cautériser que lorsque l'inliltration de la conjonctive est en rétrogradation, et qu'une sécrétion purulente existe déjà.

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