PATIENTS
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La diphthérie, qui figure pour un cliiffrc si élevé (6,2) en Autriche, y était presque inconnue il y a douze ans, aussi bien pour les yeux que pour les voies respiratoires ; c'est vers l'année 1870 que la diphthérie commença à se propager de l'Allemagne en Autriche, et y prit la forme de plusieurs épidémies violentes. Le rapport d'Adler porte sur de telles années. En 1874, il en fut observé quarantesix cas.
La diphthérie est une des plus graves maladies des yeux, sans compter que beaucoup d'enfants succombent à la maladie générale à laquelle elle est liée.
Borner rapporte que :
Chez de Grœfe, sur 40 cas, 9 yeux Chez Hirschberg, sur 94 — 35 — Chez Jacobson, sur 22 — 5 —
furent complètement aveugles, tandis que beaucoup
(1 ) La statistique de Donders concerne les années 1 870 à 1873 et porte environ sur 5000 patients.
d'autres étaient très gravement endommages. D'après la statistique générale dressée par Cohn, la diphthérie contribue à la production de la cécité dans 0,3 "/q des cas, et d'après Magnus dans 0,356 "/q.
La prophylaxie contre la diphthérie exige encore plus d'attention que celle de la blennorrhée aiguë. L'infection diphlhérilique se développe même sans transport direct de la matière sécrétée ; aussi lorsqu'un cas de diphthérie éclate chez un enfant dans une famille, les autres doivent-ils être éloignés, et ne doit-il rester auprès du malade que le personnel indispensable. Pour les pauvres, c'est incontestablement l'hôpital qui est désigné ; on devrait pouvoir y faire entrer d'urgence les personnes atteintes de diphthérie, ou en général de toute maladie contagieuse, dès que les soins à domicile sont insuffisants. L'isolement s'impose pour éviter la propagation d'un lit à un autre, ainsi que Adler l'a observé dans une épidémie. Les médecins et le personnel de garde devront éviter avec soin le transport de la sécrétion dans les yeux. Une bonne aéi'ation delà chambre des malades est nécessaire. Les médecins assistants et onze gardes qui étaient dans les salles de diphthéritiques dans un hôpital de Vienne furent à la fois frappés, quoique non gravement, d'une inflammation de la conjonctive qui disparut assez vite sans laisser de traces.
Lorsqu'un œil est déjà pris, le second doit absolument être mis à l'abri de la contagion par un bandeau occlusif bien appliqué. Dans un cas, Alfred Grâfe réussit à enrayer la marche de l'inflammation déjà forte, par le badigeonnage du sac conjonctival avec 1 7o d'acide phénique et l'occlusion de l'œil avec un pansement phéniqué.