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S6 CAUSES ET PRÉVENTION DE L\ CÉCITÉ

citerai encore rinloxicaiion saturnine, dont j'ai déjà parlé, ■ainsi qu'une foule d'affections des paupières, de la conjonctive, le nystagmus des mineurs, etc., qui n'offrent pas grand danger pour la vue et ne doivent pas trouver place ici.

Les abcès de la cornée (kératite à hypopyon, ulcus serpens) occupent une place intermédiaire entre les maladies spontanées et les maladies traumatiques. Dans la plupart des cas, une toute petite blessure est l'occasion du développement d'un abcès parle concours d'autres facteurs, dont le principal est la présence dans le sac conjonctival de germes infectieux (conjonctivite, dacryocystite) , ainsi qu'une grande chaleur. En été, les abcès de la cornée sont beaucoup plus fréquents; Emme7't{\) a constaté en août le maximum (411 cas) et en décembre le minimum (191). Ceci explique la fréquence de l'abcès chez les moissonneurs, qui travaillent pendant les jours les plus brûlants de l'année et sontexposés à recevoir des barbes d'épis de blé dansles yeux.

L'abcès de la cornée est loin d'être une maladie rare. D'après la statistique des maladies des yeux dressée par Hirschberg (2), elle en représente 0,5 <>/o. H s'observe plus fréquemment sur les paysans que sur les gens des villes.

Martin (3) a trouvé parmi les premiers 67 "/q et parmi les derniers seulement 8 à 10 Vo d'yeux perdus par abcès de la cornée. Pour s'expliquer ce chiffre élevé d'abcès dans la population rurale, il faut tenir compte des causes nombreuses de blessure, de la fréquence du catarrhe conjonctival dironique, et enfin de la négligence apportée au début de

(1) Congrès médical international de Londres, 1881.

(2) Beitràge zur praktischen Aiigenheilkunde, 1878, p. i02.

(3) Association française, etc., à La Rochelle, 1882.

la maladie. Ici encore plus que dans d'autres maladies, une intervention prompte et énergique est couronnée de succès. La proportion d'yeux perdus par cette cause diminuera à mesure que la population des campagnes sera plus éclairée et que le secours médical sera plus facile à réaliser.

La véritable prophylaxie des abcès de la cornée réside dans le traitement du catarrhe chronique de la conjonctive et de la blennorrhée du sac lacrymal, car généralement les blessures accidentelles qui se compliquent d'abcès ne peuvent guère être évitées.

§ 60. Les blessures de l'œil sont une cause très fréquente de cécité. Fieiizal{{), sur les trois cents aveugles qui composent l'hospice des Quinze-Vingts, a noté la cécité traumatique dans la proportion de 9,8 "/q, qui concorde avec celle, de la plupart des auteurs. Magims, dans sa table de la cécité, attribue h la cécité traumatique 8,5 ''/o. En Autriche, elle est, sur le nombre des aveugles, de -7,9. "^/^ (c'est-càdire environ 1 sur 20,000 habitants).

Les cécités traumatiques monolatérales atteignent un chiffre beaucoup plus grand. Elles s'élèvent, d'après Cohn, à 24,2 "/o; encore ces malheureux sont-ils souvent sous le coup de la perte du second œil, par inflammation sympathique.

La cécité peut être la conséquence d'une blessure directe des deux yeux en même temps, ou l'un après l'autre, ou bien de la perte du second œil, par ophthalmie sympathique. La première catégorie représente 4 et la dernière 4,0 7o, d'après Mf/<7?ms, sur l'ensemble des cécités.

(I) Quatrième congrès d'hygiène de Genève, I. I, p. 218.

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Les blessures résultent, soit du métier (hommes), soit du hasard et de la légèreté (femmes, enfants), ou bien elles sont faites par d'autres, par malveillance. Celles qui attaquent en même temps les deux yeux, et qui arrivent pendant l'exercice du rnétier, sont les explosions de poudre, les brûlures par la chaux, par coup de fusil, etc. D'après Mognus, les 4/5 de tous les cas, où les deux yeux sont blessés à la fois, sont dus au métier.

Relativement aux dangers, les divers métiers présentent des différences notables. Cocchis (1) a dressé pour les années 1868-69 la statistique suivante sur les blessures des yeux qu'il a observées :

Serruriers 1^6

Artisans > • 67

Maçons ■^^

Forgerons, maréchaux 23

Constructeurs de machines 22

Meuniers ^8

Charpentiers 1*

Casseurs de pierre 8

Tourneurs de mêlai 6

Ces chiffres sont trop peu nombreux pour permettre de tirer une conclusion définitive ; cependant, ils donnent une idée juste du danger que courent les serruriers. 11 y manque deux catégories considérables cependant : les blessures de la guerre et les accidents de mines, qui méritent aussi une mention, parmi les blessures professionnelles. Ces dernières sont extraordinairement fréquentes dans les bassins houille rs.

(1) Cité par Magnus, p. 197.

On doit faire entrer en ligne de compte, parmi les blessures professionnelles, la légèreté et l'inexpérience, ce qui explique le grand nombre de blessures des enfants dans les fabriques. Ceci résulte delà petite table suivante, dressée par iMijet relativement à la fréquence des blessures, en général, chez les ouvriers aux diverses périodes de la vie.

Sur i 00 blessures, les enfants au-dessous de 13 ans figurent pour 41

— — de 15 à 25 ans, pour 36.4

— — de 25 à 40 — 13.1

— — de 40 à 60 — 9.5

On comprend aisément que les enfants fournissent un gros contingent aux blessures par imprudence, et souvent les parents en sont les auteurs involontaires en laissant dans leurs mains des jouets dangereux tels que des fusils à capsules, etc. Seiclelmann (1), sur 233 cas de cécité, en a relevé 40, qui étaient attribuables à des accidents causés par des jouets d'enfants.

Considérons maintenant les diverses sortes de blessures ;

d) Brûlures. — Il ne s'agit pas seulement ici de projection sur l'œil d'objets brûlants ou de la flamme elle-même, mais aussi de caustiques tels que la chaux, les acides, etc. Parmi ces derniers, la chaux et le ciment figurent à un très haut degré. Dans la liste de Cocciiis, les maçons comptent pour 12

b) Blessures par cojys étrangers. — Ceux-ci forment la majorité, soit à l'état de parcelles métalliques, soit à l'état de flammèches et se fixent, la plupart du temps, dans la

(1) Étiologie et prophylaxie de /a cécvié. Dissertât, inaug. Breslau, 1876.

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