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ICO CAUSES ET PRÉVENTION DE LA CÉCITÉ

cornée des forgerons ou autres ouvriers qui travaillent le métal. Ordinairement aussitôt après l'accident, un des camarades du blessé cherche à lui enlever plus ou moins adroitement le corps étranger. Nous ne voyons par conséquent, dans nos cliniques, qu'une faible partie des ouvriers blessés. A côté des éclats métalliques, les parcelles de pierre figurent pour une très grande part, dans les blessures superficielles, chez les tailleurs de pierre, les rémouleurs, les meuniers, etc. Chez les ouvriers qui piquent la pierre avec l'acier, on trouve souvent un éclat de celui-ci fixé dans la cornée, à la place d'un éclat de pierre qu'on s'attendait à y rencontrer.

Lorsque les fragments sont un peu plus gros, et qu'ils sont projetés avec plus de force, ils pénètrent dans l'intérieur de • l'œil en perforant les membranes, et s'y fixent. De tels yeux sont à peu près toujours perdus et exposent leur congénère au développement ultérieur de l'ophthalmie sympathique.

Les blessures par corps étrangers s'observent principalementchezles ouvriers qui travaillentlemétal; elles figurent, dans la table de Goccius, sur un ensemble de 357 blessures (légères ou graves), pour 207 (58 Vo)- Sur 783 blessures graves des yeux, observées à la clinique de Munich, 183 (soit 23 Vo) concernaient des ouvriers travaillant le fer, et 127 (soit 16 Vo) portaient sur des tailleurs de pierre.

Les recherches de Cohn sont des plus intéressantes; il rapporte que sur 1,283 ouvriers en métal, répartis dans six fabriques, il constata que chacun d'eux était blessé à l'œil deux ou trois fois par an. A peu près la moitié des blessés (633) étaient obligés d'avoir recours au médecin ; 36 de ceux-là, c'est-à-dire 2,8 Vo, perdirent en partie leur force

visuelle, et J6 (1,2 "/q) un œil complètement. — Si on examine avec soin la cornée d'un ouvrier qui se présente pour un corps étranger, on reconnaîtra souvent qu'il existe jusqu'à JOou 12 petits points parsemés dans la cornée, et tous résultant de corps étrangers. Il faut bien peu de chose pour que les membranes, cornée ou sclérotique, soient traversées parle corps étranger, et on voit tout de suite la gravité d'une pareille blessure.

c) Blessure par explosion. — Elles se produisent pour la plupart à. la suite d'une explosion de poudre dans les mines, et se caractérisent par la combinaison de brûlure avec présence de corps étrangers (poudre, sable, charbon, pierre, etc.).

Les blessures résultant de grains de poudre sont, en général, beaucoup plus dangereuses que celles qui résultent de la pénétration de simples corps étrangers, non seulement à cause de leur plus grande intensité, mais aussi et surtout parce qu'elles frappent les deux yeux à la fois. De même que les blessures par corps étrangers s'observent surtout dans les contrées métallurgiques, les blessures par explosion s'observent le plus souvent dans les mines de charbon. Laijet rapporte qu'à Liège, sur 106 ouvriers devenus aveugles par blessure, de 1832 à 1838, 60 l'étaient devenus à la suite d'explosion de mines de charbon. On s'explique facilement ce triste résultat, lorsqu'on voit l'incroyable légèreté avec laquelle les ouvriers travaillent dans la mine.

Les blessures par matières explosibles se produisent encore dans les usines où on les fabrique, dans les feux d'artifice et à la chasse, etc. Elles frappent en très grand nombre

les enfants qui jouent avec des capsules expiosibles, des pétards, etc. Boissonneau, le fabricant d'yeux artificiels, bien connu ;i Paris, sur 3,984 personnes qui s'étaient adressées à lui pour un œil artificiel, en a trouvé 939 qui avaient perdu l'œil dans leur enfance; 343 à la suite de coups de fusil ou d'explosion de capsule. Mais il n'y a pas que les jouets expiosibles qui soient dangereux (1) ; les sarbacanes et les arbalètes, dont les traits viennent atteindre les yeux des enfants, entrent aussi pour une large part dans les causes de la cécité.

d) Blessure par coups, chocs et piqûres. — Celles-ci résultent pour la plupart d'un hasard qu'on ne peut pas éviter, etnesontpas, comme celles par corps étrangers, attribuables à certains métiers. Dans la campagne, il arrive souvent que les vaches donnent des coups de corne ou des coups de queue aux personnes qui veulent les traire ou aux enfants qui les conduisent.

e) Blessures de guerre. — Le tableau suivant de Reich (2) donne la proportion des traumatismes de l'œil, par rapport au chiffre des blessés.

(1) J'ai signalé à la Société d'hygiène de Paris l'emploi du jouet vendu sous le nom d'hirondelle comme un des pins dangereux. J'ai vu en moins de deux mois, au moment de la vogue de ce jouet, trois enfants qui en étaient devenus victimes. — Perforation de la cornée, hernie de l'iris, cataracte, etc. (Reoue d'hygiène et de police sanitaire, 3° année, 1881.) (Note du traducteur.)

(2) Zehender, KUnische Monatsblâttev, 1879, p. 98. — La différence si noiable qui existe pour la guerre d'Arménie résulte de ce que la statistique de Reich concerne toutes les blessures, môme les plus légères, tandis qu'il n'en est pas ainsi dans les deux autres,

GUERKES,

TOTAI,

DKS ni.KS3ÉS.

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