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CAUSES ET PRÉVENTION UE LA CÉCITÉ

usage d'un cylindre de verre de couleur bleue, ainsi qu'on a souvent l'habilude de le faire pour l'éclairage au gaz.

e. Dégagement de chaleur. — Toute flamme, on le sait, ne renferme pas seulement des rayons lumineux, mais aussi des rayons calorifiques dans une proportion plus élevée. La production de la chaleur est un des inconvénients de nos sources de lumière. Elle est appréciable de deux façons, par réchauffement de l'air ambiant d'une part, et d'autre part aussi par la chaleur rayonnante qui tombe directement sur la tête et les yeux. Un travail prolongé auprès ■d'une source ardente de lumière provoque une sensation de brûlure et de sécheresse dans les yeux ainsi que des douleurs de tète. Nous avons à cet égard les données de Fischer, Erismann et Cohn. Fischer (1) a théoriquement établi les unités de chaleur produites par la combustion <l'une substance déterminée. Les quantités qui lui servent de base sont celles qui doivent être brûlées pour produire pendant une heure l'éclat de cent bougies.

Lumière électrique par l'arc. 57 — 158 unités de chaleur. Lumière électrique par incandescence 290-536 — —

Pétrole 3.360 — —

Huile d'œillette 6.800 — —

Erismann (2) a mesuré la température de l'air de la <;hambre dans laquelle il a fait ses expériences sur l'éclairage, et trouvé que, pour un éclairage identique, la température s'élevait beaucoup plus pour l'huile et le gaz

(1) Zehntc Yersammlung, etc., p. 76.

(2) Zeitschrift fur Biologie, XII, p. 349.

que pour le pétrole. Gohn (1) a fait de semblables cxpcriences avec la lampe Edison et la lumière du gaz, h l'aide d'un thermomètre de précision placé à 10 centimètres de distance de la source lumineuse (représentant chaque fois la force de 20 bougies normales).

Le rapport entre la chaleur rayonnante de la lumière électrique et celle du gaz fut de 1 à 2. Les mêmes résultats furent obtenus à l'aide d'une pile thermo-électrique.

La lumière du gaz produit donc deux fois autant de chaleur que la lampe électrique à incandescence. — De tous ces essais il résulte que la plus grande somme de chaleur est produite par la lumière du gaz, la plus petite par la lumière électrique et que le pétrole doit être placé entre les deux. Le pouvoir calorifique de la lumière du gaz se fait particulièrement sentir pour les ouvriers qui, comme les horlogers, sont, par la nature de leur travail, forcés de se tenir au voisinage de la source lumineuse.

Pour échapper à l'action des rayons calorifiques de la lumière du gaz, la lampe doit être placée à 1 mètre de distance de la tête. Il en est de même dans les écoles. Quand on a besoin d'avoir la source lumineuse très près, on doit donner la préférence à la lumière électrique par incandescence, ou, à son défaut, à celle du pétrole. C'est la lampe de Schusler et Bar, dite normale hijgiéniqiie, qui doit être conseillée ; elle est à deux cylindres permettant le renouvellement de l'air, ce qui diminue d'un degré environ le rayonnement [Cohn, Fischer).

f. La directio7i des rayons lumineux doit autant que possible venir d'en haut, de devant et de gauche ; cependant,

(1) lehnte Versammlung, etc.

pour certain genre de travail, la lecture par exemple, surtout pour les myopes, la lumière venant de côté et un peu par derrière sera préférable ; de celte façon, on évitera Taccès direct des rayons lumineux et calorifiques dans les yeux.

Quant au mode d'éclairage auquel on doit donner la préférence, il faut, pour résoudre celle question, faire entrer en ligne de compte certaines conditions, telles que le prix de l'éclairage et laviciation de l'air, parles gaz de combustion, éléments qui ne concernent pas directement la vision.

g. La viciation de lair par les produits de la combustion varie selon que celle-ci se fait ou non d'une manière complète. Dans le premier cas c'est l'acide carbonique et l'eau, tandis qu'au contraire, avec une combustion incomplète, ce sont l'oxyde de carbone et des carbures d'hydrogène qui se dégagent. Ces derniers sont d'autant plus abondants que l'alimentation de la flamme (par le combustible et l'air dans la proportion requise) est moins bien réglée.

La flamme alors fume et donne une odeur désagréable. Dans une flamme régulière, les produits incomplètement brûlés ne sont plus qu'à l'état de traces {Fischer).

La table suivante donne les résultais de quelques recherches au point de vue de l'acide carbonique (1) :

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