‹ Causes et prévention de la cécité [electronic resource]Chapitre 74 sur 77 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

francs. Retranchons un quart des aveugles, qui ne demandent aucun secours .(soit parce qu'ils sont à leur aise, soit parce qu'ils gagnent eux-mêmes leur pain) (1), il restera encore 85 millions de francs.

Supposons, d'autre part, qu'un tiers (103,000) de ces aveugles ne le fût pas devenu, et estimons à 2 francs par jour la somme que chacun d'eux gagnerait. Cela ferait par an, à 300 jours de travail, 62 millions de francs. Cela constitue pour l^es États d'Europe, avec les frais d'entretien ci-dessus désignés, une perte annuelle de 147 millions de francs, au moins.

Une bonne prophylaxie contre la maladie, un traitement énergique et éclairé, lorsque celle-ci a déjà éclaté, pourraient sans aucun doute empêcher beaucoup de cas de cécité. Magmts, Bremer et Steffmi pensent qu'on pourrait ainsi éviter 40 de cécités. Colm considère qu'on peut la prévenir sûrement dans la mesure de 33 probablement dans celle de 43 V^, et nullement dans 24 des cas. D'après cette évaluation, un tiers des aveugles pourrait échapper h la cécité. Cela donnerait une diminution de 100,000 pour l'Europe qui ne pourrait s'en plaindre, puisqu'il s'agirait pour elle, annuellement, de plus de 27 millions de francs d'économie, somme qui serait plus que suffisante pour payer les dépenses des mesures prophylactiques à instituer de tous côtes. Mais tout est

(1) Zehender {Klinische Monatsblàlter fur Augenheilkunde, 1870) a réuni le nombre des aveugles dans les grands-duchés de Mecklembourg-Schwérin et de Mecklembourg-Sirélitz, et a constaté aussi leur elat d'indigence. Sur 423 individus, 106 n'étaient pas secourus tandis que 317, soit 3/4 de tous les aveugles, l'étaient, partie par leurs parents, partie par les caisses publiques.

encore à luire dans ce domaine; il faut que partout on s'élève contre l'ignorance, la superstition et la négligence. Les hygiénistes, les oculistes, les économistes, les hommes d'État et les philanthropes doivent également coatribuer à cette œuvre : — Viribus unitis.

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