CONCLUSION
Je me suis efforcé, dans ce travail, de faire connaître le» mesures qui sont de nature à restreindre la cécité. L'avenir apprendra si ce desideratum peut être réalisé, car jusqu'à présent peu de ces mesures (et seulement dans une limite fort restreinte) ont été appliquées. Les expériences réalisées montrent cependant, à l'égard de certaines maladies, qu'on peut presque avec certitude les éviter; je ne citerai, à ce sujet, que la blennorrhée des nouveau-nés. 11 ne s'agit que de mettre à profit l'introduction générale et sévère des mesures que tous les spécialistes reconnaissent comme nécessaires. Malheureusement, cela se fera encore longtemps attendre, et beaucoup encore perdront la vue, qui auraient pu la conserver.
Nos efforts doivent tous, toujours, se concentrer sur la question de la préservation de la cécité.
Chacun doit apprendre à connaître le danger et à s'en garantir. Il faut aussi que les autorités reconnaissent la nécessité de faire quelque chose pour défendre la société contre le mal. La Society for the prévention of bhndness, en Angleterre, se distingue particuhèrementpar la continuelle agitation qu'elle entretient, accélérant ainsi
le moment où TÉtat lui-même s'occupera de combattre la cécité d'une manière effective.
Les efforts des hygiénistes ont beaucoup à lutter contre les préjugés et les négligences; leurs conclusions et les mesures qu'ils ont proposées sont très souvent rejetées, sous prétexte des charges onéreuses ou des difficultés qu'elles créent, mais ils peuvent s'en consoler en voyant les résultats qu'ils ont obtenus. Les épidémies dévastatrices diminuent toujours en Europe, et la durée moyenne de la vie a augmenté d'une façon considérable. Les hygiénistes ont, d'un autre côté, des questions si importantes et si nombreuses à résoudre, qu'ils ne se sont guère préoccupés, jusqu'à présent, des devoirs qu'ils ont spécialement à remplir, aussi, à l'égard des maladies des yeux. Il est donc de toute justice que l'oculiste leur vienne en aide et s'efforce de combler cette lacune.
De la part de l'État, peu de chose a été tenté, pour la préservation de la cécité (à l'exception de quelques règlements d'école et d'ordonnances concernant le trachome). Et pourtant il s'agit d'une question de la plus haute importance , non seulement au point de vue humanitaire, mais aussi au point de vue de l'économie sociale. L'entretien des nombreux aveugles est pour les voyants une charge considérable, ainsi que le démontrent les calculs suivants :
En moyenne, il y a en Europe, au moins, un aveugle par 1,000 habitants, ce qui constitue pour l'Europe entière un nombre de 311,000 aveugles. Comptons seulement 1 franc par jour et par tète, comme frais d'entretien. Il en résultera par an une dépense de 113 millions de