‹ Causes générales des maladies chroniquesChapitre 5 sur 59 · INFLUENCE DE LA CAPTIVITÉ, ETC · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA CAPTIVITÉ, ETC

chez les animaux; ils éprouvent, comme l'homme, le besoin de se livrer au mouvement, d'exercer leurs membres à l'air libre, pour favoriser cette action expansive et sudorifique sans laquelle la santé ne peut être durable; ils sont donc guidés par un instinct conservateur lorsqu'ils cherchent à briser les chaînes, à rompre les liens au moyen desquels on cherche à perpétuer leur captivité.

Les animaux domestiques , depuis longtemps asservis, supportent plus facilement cet état contre nature que les animaux sauvages. Cependant, si l'on compare les vaches et les chevaux qui vivent dans les pâturages salubres, dans les bois, avec ceux qui sont renfermés dans nos habitations, on trouvera entre eux, comme nous l'avons déjà vu, une différence en faveur des premiers, sous le rapport de la vigueur, de l'agilité et surtout de la santé. A la vérité , cette règle souffre des exceptions, et les animaux qui vivent dans les pâturages humides, dans des prairies basses et marécageuses, sont souvent atteints de maladies tuberculeuses; mais ici encore ces exceptions viennent confirmer la règle : les animaux, comme l'homme, sont soumis à l'influence des deux causes générales des maladies chroniques, le repos dans les habitations et l'humidité 1.

1 On pourrait supposer que les prêtres de l'antiquité , qui consultaient les entrailles des victimes avant de fonder une colonie sur des plages inconnues, étaient guidés dans leurs investigations par la connaissance de l'influence générale des climats et des lieux sur l'homme et sur les animaux.

Dans les ménageries où Ton renferme des animaux qui ont vécu à l'état sauvage, la captivité a souvent des suites funestes, surtout lorsque ces animaux proviennent de pays où la température est élevée. Presque tous les animaux de la zone torride, et par- dessus tout les singes, meurent, dans cette position, avec des tubercules, soit qu'ils périssent phtbisiques, soit qu'ils succombent à une maladie plus rapide. D'après les renseignements que M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire à bien voulu m'adresser à ce sujet , les mêmes productions se trouvent non-seulement dans les poumons, mais dans d'autres organes, lorsque les animaux intertropicaux naissent dans les ménageries ou qu'ils y sont apportés fort jeunes» MM* Andral, Dupuy, Hamont ont aussi constaté la présence des tubercules cbez les fœtus des animaux; Baillie, Bayle, Cruveilher en ont trouvé chez des enfants trèsjeunes, et plus rarement au moment de la naissance. Cette remarque, comme on le verra bientôt, est d'une haute importance; car on peut ainsi se convaincre que la phlhisie héréditaire est plus ordinairement due à des dispositions organiques que l'on peut combattre, qu'à la présence de corps inorganiques inaccessibles à nos moyens curatifs.

Parmi les animaux qui ont offert des productions tuberculeuses, on trouve beaucoup de mammifères et d'oiseaux d'espèces différentes. Au nombre des premiers, on compte le tigre, le lynx de Perse, la civette, l'ichneumon, Tours de l'Hima-

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