‹ Causes générales des maladies chroniquesChapitre 4 sur 59 · ET DE · texte numérisé non relu

ET DE

Hommes.

Report,

Fabricants de draps ,

— d'épingles ,

Commissionnaires ,

Écrivains ,

Charbonniers ,

Imprimeurs ,

Laboureurs ,

Tisserands,

Total , 37

En Italie, comme en France, la vie sédentaire et l'humidité exercent une influence, facile à constater, sur le développement de la consomption pulmonaire : on ne voit point sur la première liste, parmi les personnes atteintes de cette affection, de marins, de pêcheurs, de cochers de fiacres, si nombreux à Naples, de lazaroni, de femmes exposées sur les marchés aux influences atmosphériques; les mêmes observations peuvent être faites dans les campagnes environnantes, où les fièvres intermittentes ne viennent point, comme à Rome, exercer leurs ravages. Tous les faits prouvent donc, avec le plus haut degré d'évidence, que dans les climats qui diffèrent par l'élévation et l'inégalité de la température, la consomption pulmonaire épargne les personnes qui s'exposent habituellement, même dansle repos, auxinfluences atmosphériques, à l'action expansive et sudorifique de la lumière. A Paris, les femmes de la halle, les cochers, exposés à ces influences, enfin tous les hommes qui mènent une vie très-active, sont peu sujets à cette maladie; on la voit sévir, au contraire, dans les appartements somptueux du riche, dans la cham-

bre salubre de l'ouvrière qui travaille à l'aiguille , et dans l'asile du pauvre qui se livre à des occupations sédentaires.

Une foule de faits particuliers viennent se réunir à ces faits généraux pour montrer l'influence des professions sédentaires sur le développement de la phthisie tuberculeuse. Chaque médecin en trouvera de semblables dans sa pratique ou dans les hôpitaux. M. le baron Michel, membre du conseil de santé, m'a communiqué plusieurs cas remarquables qui montrent cette influence, et les heureux effets d'une vie active chez les personnes héréditairement disposées à la consomption pulmonaire et aux scrofules.

« M. F..., ancien receveur des douanes, dont la femme est morte phthisique, dit M. le baron Michel, avait eu de cette femme cinq enfants, deux garçons et trois filles. Les garçons, élevés dans des pensions, se sont livrés à des occupations qui exigent une grande activité et de fréquents déplacements; ils sont parvenus aujourd'hui à l'âge de quarante ans, et ils jouissent d'une bonne santé. Les filles, élevées au sein de leur famille, étaient, au moins en apparence, d'une constitution robuste; elles avaient cet embonpoint qui est un des attributs de la santé et de la beauté. Cependant elles sont mortes avant l'âge de dix-huit ans, offrant toutes trois les signes de la consomption pulmonaire. Une petite toux, un amaigrissement rapide, ont été le prélude des accidents qui les ont enlevées après six mois de souffrances. »

« M. le marquis D... a eu cinq filles élevées dans la retraite et animées des sentiments d'une grande piété. Le père et la mère, remarquables par leur obésité, étaient d'un tempérament éminemment lymphatique. Deux de ces demoiselles étant restées au sein de leur famille , sont mortes phthisi— ques; les trois autres se sont mariées avec des étrangers; elles ont beaucoup voyagé, et aucune d'elles n'a succombé à l'affection tuberculeuse des poumons. Dans la même famille, du côté de la branche masculine, se trouvaient deux fils dont la destinée a été bien différente : l'un a franchi les mers, a vécu longtemps aux États-Unis et se porte bien. Le second, élevé dans sa famille , studieux , ayant des goûts opposés à ceux de son frère, est mort poitrinaire à vingt-trois ans. »

M. le baron Michel rapporte aussi le cas fort remarquable d'un père scrofuleux, mort phthisique, qui a donné le jour à trois enfants également scrofuleux, et à un autre enfant quia conservé une constitution saine et robuste, par suite de la vie active des champs.

Que de jeunes personnes seraient préservées d'une mort prématurée, ou des atteintes des scrofules, si leurs mères connaissaient les heureux effets de la gymnastique, des courses fréquentes à la campagne et des voyages !

Les observations les plus nombreuses confirment ces faits; elles nous apprennent qu'une foule de familles qui descendent des montagnes de l'Auvergne, pour venir habiter à Paris des quartiers

humides, des rez-de-chaussées où la lumière pénètre difficilement,deviennent souvent scrofuleuses. On pourrait donc à volonté, pour ainsi dire, produire les scrofules et la phthisie, en supprimant lentement la perspiration cutanée par la privation de l'exercice, de la lumière, de l'air sec et en mouvement.

Ces faits méritent de fixer toute l'attention des médecins, des mères de famille, des chefs d'institutions et des législateurs; ils confirment ceux que j'ai observés dans les prisons, dans les pénitenciers, dans les manufactures et dans les hospices où l'on élève les enfants; cependant dans ces conditions, lorsque l'on a soin de favoriser la circulation de l'air, lorsque les exercices corporels sont prescrits régulièrement, que la lumière peut exercer son influence expansive sur la peau, on prévient souvent les suites funestes de l'étiolement, et on réduit dans des proportions considérables le nombre des maladies chroniques. Les personnes qui n'ont point fait ces comparaisons ont nécessairement adopté des opinions diamétralement opposées sur les effets de la réclusion et de la vie sédentaire : c'est ainsi que l'erreur et les fausses doctrines se propagent ou se perpétuent.

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