‹ Causes générales des maladies chroniquesChapitre 51 sur 59 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

De l'emploi de l'eau à l'extérieur et à frntérieur.

Les cérémonies des anciens ont consacré d ''truies préceptes hygiéniques, que l'homme privé des lumières de la raison, et souvent conduit par la paresse, aurait négligés s'ils n'eussent été sanctifiés par la foi. Moïse a recommandé au peuple d'Israël de fréquentes ablutions, et Mahomet, à son exemple, les a prescrites chaque jour avant la prière. En effet, de tout temps, la lèpre, Péléphanliasis, la peste, une foule de lièvres graves on!, par suite de la contagion et d'une incurable malpropreté /déci m les populations orientales. Ces! pour les préserver autant que possible de ces fléaux que leur*

394 DE l'emploi de l'eau

législateurs ont divinise les ablutions, et fait d'une

règle de l'hygiène une obligation religieuse.

Les moindres souillures de la peau, le contact d'un cadavre , l'attouchement d'un pestiféré ou d'un lépreux,exigeaientdes purifications, également ordonnées après les évacuations périodiques des femmes et l'accomplissement des plaisirs conjugaux.

Ce que la religion a imposé comme un devoir, la civilisation l'a prescrit comme une nécessité. Des thermes et des gymnases, que la barbarie devait détruire, s'élevèrent à Athènes et à Rome, et l'on s'étonne encore aujourd'hui de la grandeur de ces établissements, en contemplant la majesté de leurs ruines. Sainte-Marie-des-Ànges, l'un des plus beaux temples de la chrétienté , n'est qu'une salle des thermes de Dioclétien. L'Egypte et la Grèce, qui ont été tour à tour les plus radieux flambeaux de l'intelligence humaine, offrent la même magnificence aux regards des voyageurs qui vont étudier les mœurs et les habitudes hygiéniques des peuples les plus illustres, dans les débris de l'antiquité.

Au moyen âge, les populations qui avaient été soumises à la domination romaine gardèrent longtemps le souvenir de leurs coutumes. Tous les samedis, des hommes parcouraient les rues, annonçant au son des cymbales que l'heure du bain était arrivée. Alors les artisans, après s'être rassemblés, se rendaient en corps dans les établissements publics, où ils se délassaient dans le bain de leurs fatigues et y puisaient des forces nouvelles. On doit

Page 1