A L'EXTÉRIEUR ET A L'INTERIEUR
regretter que de semblables institutions aient été détruites par l'ignorance et la barbarie.
Il est facile de comprendre que le besoin et l'utilité des lotions, des ablutions et des bains, se font plus vivement sentir dans les pays chauds que dans les climats froids et humides, en été qu'en hiver. Les lotions doivent être employées surtout quand le froid et l'humidité prédominent ; les bains, pendant le règne de la chaleur et de la sécheresse. En Hollande, ils sont rarement mis en usage. Durant le voyage scientifique que je fis en 1840, je n'ai trouvé qu'une maison de bains au sein d'une ville aussi populeuse qu'Amsterdam ! Et cela se conçoit, car dans ce climat, où 1 humidité est permanente, la peau amollie par les bains tièdes éprouve plus sensiblement encore l'impression delatempérature. Cependant, comme il est des soins de propreté indispensables , dont aucune considération ne peut exempter, les bains doivent, dans ce pays,èlre remplacés par des lotions froides ou à peine tièdes , faites chaque jour sur les différentes parties du corps; elles auront pour résultat de diminuer la fréquence de la teigne et des autres affections cutanées, si communes en Hollande et dans tous les lieux où ce genre de soins est négligé.
Dans ces derniers temps, l'usage de l'eau à Tintérieur et k l'extérieur a été employé non sans succès par un paysan ingénieux de laSilésie autrichienne, appelé Priessnitz : les cures inattendues qui ont couronné ses efforts ont, à juste titre, fixé sur lui l'attention du monde savant* Sa méthode, du reste,
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n'est pas nouvelle; elle rappelle des applications tombées en désuétude, malgré leur efficacité dans une foule de maladies chirurgicales et d'affections internes. Il suffira d'un court exposé des effets généraux que produisait cette méthode pour prouver qu'ilyatropsouvent une dangereuse inconséquence et une déplorable aberration à préférer aux moyens simples qu'indique la nature, des remèdes composés qui abusent le public, mais ne le guérissent pas.
Les lotions d'eau froide ont, dans les affections externes, été employées avec un incontestable avantage contre les hémorrhagies, les brûlures, les entorses, les ulcères a toniques, les irritations cutanées superficielles, les plaies récentes, les fractures, les contusions avec infiltration sanguine, les ecchymoses, les inflammations des organes générateurs, les hernies étranglées, les hémorrhoïdes, Iesenge!ures,le relâchement et la paralysie des paupières, la chute du rectum, les écoulements sexuels delà femme, les ophthalmies chroniques avec laxité des vaisseaux, etc. On n'ignore pas l'influence des frictions neigeuses sur les membres saisis par un froid rigoureux; c'est ainsi que les Russes, les Lapons , les Finlandais, trouvent le plus souvent la guérison du mal dans sa cause même.
Des irrigations continues ont réussi en bien des circonstances à arrêter le développement de l'inflammation dans les fractures compliquées. Le même moyen, auquel on a ajouté des demi-bain* froids, ;< aussi , dans bien des cas, triomphé des
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irritations cancéreuses de Ja matrice, ainsi que le constatent les tentatives heureuses de M. le docteur Treille. Lombard, chirurgien en chef de l'hôpital militaire de Strasbourg , rappelant des préceptes oubliés , a montré par l'évidence des faits quelle action salutaire peut avoir l'eau froide sur la résolution des affections externes.
Remarquons cependant que l'eau tiède ou à peine dégourdie doit, dans ces maladies, être employée préférablement à l'eau froide, toutes les fois que les tissus sont atteints d'une tension et d'une inflammation considérables, que les bords des ulcères sont durs et calleux; enfin , dans les plaies d'armes à feu, qui ne peuvent manquer de se terminer par suppuration.
Longtemps on crut les eaux vulnéraires, les liqueurs spiritueuses, efficaces contre ce genre de blessures. On consommait aux armées une quantité énorme d'alcool camphré. Il fallut bien des efforts pour chasser cette funeste erreur de la thérapeutique. Percy et Lombard furent les premiers qui la signalèrent. Les cures remarquables d'un meunier alsacien, qui guérissait ces blessures avec de l'eau et à l'aide de paroles mystiques (baume moral qui n'est pas toujours sans puissance), ne permirent plus à ces deux chirurgiens habiles de mettre en doute la supériorité de la méthode aqueuse ou hydrique sur la méthode échauffante. Combien de fois les eaux de la Moselle, du Rhin, du Danube, du Lech.de l'Elbe; de la Yistule, de l'Ehre et du Tage,
n'ont-elles pas seules fait les frais des pansements de nos soldats blessés !
Dans les maladies internes, l'application de l'eau froide à l'extérieur n'a pas obtenu de moins heureux résultats. Hippocrate l'opposait aux douleurs de la goutte et aux inflammations articulaires; Celse la prescrivait en ablutions dans un bain chaud, contre plusieurs affections cérébrales; en boisson, pendant l'ardeur de la fièvre, et pour fortifier les estomacs débiles; Àrétée l'employait également en boisson contre le choléra, et en effusion sur la tête dans le traitement de la frénésie. Galien, dont les connaissances étaient si vastes, l'esprit si judicieux, et dont les doctrines médicales ont en quelque sorte dominé le moyen âge, se servait de l'eau froide à l'intérieur et à l'extérieur : il connaissait l'action de cet agent sur nos organes , et l'administrait dans le camus , les fièvres continues et les inflammations gastriques , soit comme dissolvant, soit comme réfrigérant. Alexandre deTralles et Aétius partagèrent les mêmes vues et suivirent la même méthode , non sans indiquer toutefois les cas où elle cesse d'être utile, et les modificateurs qui devaient en seconder les effets. Paul d'Egine, tout en en limitant à son tour l'usage à certaines affections spéciales , conseilla les bains froids et recommanda l'eau pour boisson , à l'exemple de ses prédécesseurs.
Les médecins arabes n'ont point été inspirés par leurs prophètes. Ils ont dédaigné l'emploi de l'eau dans les maladies, et, comme les empiriques peu
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éclairés de tous les pays, de tous les siècles, de toutes les écoles, ils ont préféré à un moyen simple et facile ces formules composées , ressources mystérieuses , dont l'ignorance et le charlatanisme se servent également pour obtenir la confiance d'un public crédule.
À l'exemple de Galien , Mercuriali préconisa l'emploi de l'eau froide; mais il trouva peu d'imitateurs à une époque où les croyances vulgaires agissaient à la fois sur l'esprit des praticiens et des malades. Cependant, Herman Vander Heyden, exagérant les avantages attachés à ce procédé, prétendit le convertir en une véritable panacée, détrôner toute la thérapeutique à son profit. C'est surtout dans la congélation des membres, la manie, la migraine, la constipation, îa dyssenterie, qu'il en déclara l'application souveraine. S'il faut l'en croire, il aurait également guéri trois cent soixante dyssentériques par l'eau froide dans le cours d'une épidémie.
Quant à moi, je dois à la vérité d'ajouter qu'une maladie du même genre ayant régné en Belgique en i84o, parmi les soldats de la garnison de Gand, et M. le docteur Colson , médecin en chef de l'hôpital militaire, ayant bien voulu, à ma sollicitation, soumettre un certain nombre de ses malades au traitement hydrique ou hydrothérapique, conseille dans ce cas par Priessnitz, cette tentative échoua complètement, malgré les soins les mieux entendus et la prudence la plus scrupuleuse.
Ceci montre combien sont encore incertains
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les effets tant vantés de la méthode de l'empirique de Graëffenberg. Elle doit nécessairement échouer dans une foule de cas ? qui n'ont pu encore se présenter à son observation et à celle de ses adeptes. On aurait d'ailleurs tort d'admettre que les insuccès dont cette méthode a été souvent frappée? puissent être dus à la différence des conditions elimatériques,car elle a été usitée avec quelque avantage en Angleterre? en Allemagne? en Italie et en France? par des hommes d'un talent très-éminent? des observateurs d'une haute distinction. Il suffira de nommer Floyer? Wright? Gregory et Currie? Frédéric Hoffmann ? Hahn ? Moneta , Huffland ? Cyrillo ? Vallisneri? Giannini? Hecquet? Geoffroy? Pomme? Tissot? Grimaud? et enfin Portai? qui a recommandé les affusions d'eau froide dans les asphyxies par le charbon.
Quoi qu'il en soit, les cures nombreuses obtenues par ces praticiens illustres n'ont pu préserver la méthode hydrothérapique de l'oubli : on Ta avec enthousiasme employée dans presque toutes les maladies ? elle a été abandonnée avec éclat pour d'autres méthodes qui ont eu le même sort. Telle est? comme nous l'avons démontré ? la destinée des sciences qui ne reposent point sur de véritables principes; on accumule les observations? on rapproche et l'on unit des faits dissemblables? on se laisse séduire par des analogies trompeuses? jusqu'à ce que l'expérience? cette pierre de touche de tous les systèmes, vienne renverser ce fragile échafaudage.
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Parmi les auteurs qui ont tracé des règles propres à guider le praticien, on doit surtout distinguer Currie. Ce médecin fit connaître les avantages des affusions d'eau froide salée dans différents cas de fièvre maligne contagieuse. Un régiment d'infanterie, en garnison à Liverpool, en 1792, fut exposé aux ravages de cette fièvre. Currie commença par faire nettoyer et aérer les chambres, qui étaient sales et nauséabondes ; il fit ensuite arroser avec de l'eau froide et salée tous les malades dont la débilité n'était pas extrême et dont la chaleur se soutenait à son degré naturel. Ceux qui ressentaient un affaiblissement profond furent fréquemment lavés au moyen d'une éponge imbibée de vinaigre tiède.
On chercha ensuite, mais inutilement, à arrêter les progrès de la contagion, en purifiant le corps de garde par des lavages réitérés, en y établissant des courants d'air, en brisant ou en jetant à la mer tous les meubles qu'on supposait infectés. La contagion faisant de nouveaux progrès , on ferma le corps de garde , et on le remplaça par un hangard temporaire. Cette précaution fut insuffisante; les malades augmentèrent. Alors on fit rassembler le régiment, et chaque homme fut examiné avec une grande attention par Currie qui avait provoqué cette mesure. Dix-sept d'entre eux, affectés des premiers symptômes , furent soigneusement séparés de ceux qui se portaient bien. Il n'était pas d'ailleurs difficile de les distinguer de ces derniers, a leur face pâle, à leur abattement, à la couleur
rouge et terne de leurs yeux. Quinze de ces malades , soumis sur-le-champ aux aspersions d'eau froide répétées une ou deux fois chaque jour, recouvrèrent leur santé, et à l'instant même, chez les deux autres, la fièvre suivit régulièrement son cours. Le régiment, d'après les conseils de Currie, fut réuni militairement toutes les vingt-quatre heures, et conduit sur les bords de la mer pour y prendre un bain. Dès ce moment, la contagion fut complètement arrêtée, et aucun soldat n'en fut plus atteint. L'eau dont on se servait pour ces affusions provenait de la mer, et avait une température de 1 1 à 12° Réaumur.
Pleine de prévoyance et de sagacité, la conduite du médecin anglais, en ces circonstances, doit servir de modèle aux médecins militaires, à ceux des hôpitaux et des prisons , ainsi qu'à tous les praticiens qui traitent les ouvriers ou les pauvres dans de grands établissements publics. Ces règles ne sauraient tomber en désuétude, pouvant être appliquées dans d'autres maladies qui sévissent épidémiquement , qu'elles soient ou non contagieuses , notamment contre la fièvre jaune et les diverses variétés de la fièvre typhoïde.
Combien n'est-il point à regretter que dans notre glorieuse campagne d'Egypte on n'ait point tenté, au début de la peste, des affusions d'eau salée, ou même de celle du Nil! Tout porte à croire qu'elles auraient eu beaucoup d'efficacité, car Desgenettes a rappelé, dans Y Histoire médicale de l'armée d'Orient, la cure merveilleuse d'un artilleur qui, at-
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teint de deux bubons et d'un charbon pestilentiel, entraîné par le délire, se précipita dans le fleuve, y resta une demi-heure, et fut guéri presque immédiatement après cette immersion ! Un semblable fait était de nature, ce nous semble, à fixer toute l'attention du médecin en chef de l'armée d'Egypte. Il aurait dû se rappeler les succès éclatants obtenus en 1771, au moyen de la glace employée en frictions dans la peste de Moscou , d'après les conseils de Samoïlovitz. Malheureusement , l'ouvrage de Desgenettes prouve, selon l'expression d'un homme de génie *, que sa tête était vierge de toute idée médicale, et qu'il était privé de cette inspiration soudaine, commune aux grands médecins, comme aux grands généraux, comme aux grands poètes.
Malgré les guérisons que réalisa l'excellente méthode de Currie, et la favorable impression produite sur le monde médical par le livre ad hoc qu'il publia, l'usage de l'eau finit par être abandonné en Angleterre et en Ecosse. Peut-être avait-il imprudemment cherché à appliquer ce traitement à des maladies qui n'en réclamaient pas l'emploi, notamment à la scarlatine, à la rougeole et à la petite-vérole. A la vérité, il administrait l'eau h diverses températures. Mais quelles règles peut-on suivre clans de telles circonstances? Il eût fallu les préciser; ce qu'il ne fit pas, s'enthousiasmant outre mesure pour sa méthode, et oubliant que son extension abusive, jointe aux idées contraires répan-
1 Cette phrase critique fut appliquée par Broussais à M. Louis.
dues dans la société ? devait en amener tôt ou tard la chute. D'ailleurs, une grande divergence d'opinions n'a cessé de régner dans l'appréciation et l'emploi de la méthode hydrothérapique. En effet, un grand nombre de médecins, à l'exemple de Giannini, ont donné une préférence exclusive aux immersions, et ont repoussé les affusions auxquelles Wright et Currie attribuaient tant d'efficacité, les fomentations recommandées par Hahn, les lotions vantées par Braudeth et par Gregory, le régime aqueux de Cyrillo, et les frictions glaciales de Samoïlovitz.
Mais si, en médecine, cette méthode est restée indécise dans ses applications, elle présente, sous le point de vue hygiénique, d'incontestables certitudes. Nul doute que les lotions froides, plus rarement tièdes, répétées chaque jour, ne soient un moyen précieux d'entretenir les fonctions de la peau et de préserver l'homme, depuis l'âge le plus tendre jusqu'à la vieillesse la plus avancée, d'une foule d'indispositions et de maladies. Toutefois, on ne doit jamais oublier que la réaction, ce mouvement expansif qui s'opère à la peau après les lotions, les affusions et les immersions réfrigérantes, n'a pas lieu avec la même intensité chez tous les individus et à toutes les époques de la vie. Ce mouvement est lent et faible pour les personnes privées d'énergie, pour les vieillards, et même pour quelques hommes robustes. Il importe, dans ce cas, que l'application de l'eau froide n'ait qu'une courte durée, que toutes les parties du corps soient en-
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suite essuyées avec soin et frictionnées avec des linges secs, que la peau, si elle est par trop inactive, soit excitée à l'aide de gants de flanelle ou de crin, afin d'y exercer une révulsion profonde.
Cette méthode convient essentiellement aux premières périodes de l'existence. On se bornera alors à frictionner le corps avec une éponge imbibée d'eau tiède, et, suivant le conseil judicieux de Jean- Jacques, la température de l'eau diminuera en raison de l'âge et de la force des enfants. On pourra, dès qu'ils y seront habitués, faire ces lotions à 16 ou iy° centigrades. «Les enfants qui sont élevés au chaud, ditTissot, sont souvent enrhumés, pâles, languissants, bouffis, tristes, tombent dans la consomption , meurent dans l'enfance ou vivent misérables. »
X une époque plus avancée, ces lotions pourront être employées avec une serviette mouillée et fortement tordue; on découvrira successivement toutes les parties avec précaution; on les frottera de manière à les échauffer et à y appeler le sang. A deux ou trois reprises, on trempera le linge dans l'eau froide, et on soumettra le corps de la même façon à des frictions nouvelles. L'opération finie, on l'essuiera sans retard et on le couvrira suffisamment. Ces dispositions sont particulièrement indispensables pendant la mauvaise saison, et quand la santé est altérée par suite de l'inactivité des fonctions cutanées.
Des bains. A l'article natation, nous avons élu-
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dié, d'une manière générale, l'action de l'eau froide sur l'économie quand le corps est en mouvement, et l'on a pu se convaincre de l'utilité de ce moyen hygiénique. Mais lorsqu'on se plonge dans ce liquide, en demeurant immobile, il agit plus profondément encore sur nos organes, dont il tend à diminuer la température , car le repos est une cause de refroidissement. Les expériences physiologiques dont j'ai, dans la première partie de cet ouvrage, rapporté les principaux résultats , démontrent positivement que dans un bain prolongé, ayant 10, i5 et même 200 centigrades de température, des mammifères périssent en grand nombre par suite de la soustraction du calorique dont sont animés leurs organes. Les oiseaux aquatiques ne peuvent non plus résister à ces bains : à la vérité, la mort chez ces derniers a une autre cause non moins active; elle est, ainsi que nous l'avons établi, l'effet de l'absorption par la peau, de l'eau dans laquelle tout le corps de l'animal est plongé, de la présence de ce liquide dans le torrent de la circulation, et par suite dans les voies aériennes.
Ajoutons que dans ces conjonctures les forces des mammifères subissent une diminution proportionnée à l'abaissement de leur température propre, puisqu'elle descend fréquemment, au moment de la mort, de [\o ou [\\° centig. jusqu'à 19 et 200. Parvenu à cet état de refroidissement et de faiblesse, l'animal peut encore être rendu à la vie, si on le retire proniptement du bain, si on l'essuie et qu'on l'expose, comme nous l'avons dit, à une
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douce chaleur, en exerçant des frictions à la surface de la peau.
Il est donc bien démontré, par ces expériences, que le bain froid est affaiblissant, et que la soustraction de calorique à laquelle il donne lieu peut être, sous ce rapport, assimilée aux résultats de la saignée; ce n'est que consécutivement, et quand on en restreint la durée, qu'il peut acquérir une action tout opposée, grâce au phénomène de la réaction.
Les effets physiologiques et hygiéniques produits par le bain froid méritent, à bon droit, de fixer l'attention des médecins.
Il détermine : i° le resserrement du tissu de la peau; s>° le ralentissement de la circulation capillaire à Ja périphérie; 3° 3a diminution de la température; 4° l'arrêt plus ou moins complet de la transpiration.
Mais, par le fait de la réaction, on voit les tissus s'épanouir et se tuméfier, la circulation devenir plus active, la chaleur plus considérable, la transpiration plus abondante. Ces phénomènes s'observent aussi dans les crises à la surface cutanée, et par leur concours ils caractérisent celles de ces crises qui sont favorables.
Dans cette circonstance, un changement opposé s'opère nécessairement dans les organes intérieurs, qui ne sont plus surexcités par l'excès du principe matériel du mouvement vital, par l'afflux du sang, ni par les éléments hétérogènes dont l'économie doit se débarrasser. Il peut arriver, au contraire ,
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que la transpiration devienne très-abondante , sans que les autres phénomènes de la réaction se présentent. C'est ce qui se remarque dans les dernières périodes de la phthisie, bien que celte affection soit déterminée, comme nous l'avons établi, par la suppression lente de cette évacuation. Dans ce cas, l'altération profonde du tissu du poumon s'oppose à la manifestation d'une crise heureuse, les sueurs deviennent passives ou débilitantes et ne peuvent arrêter les progrès du mal.
Ces observations montrent qu'il ne suffit pas de soustraire du calorique en excès dans l'organisme, par l'eau à une basse température, d'exciter la transpiration cutanée; mais qu'il faut employer tous les moyens de déterminer un mouvement général d'expansion du centre à la circonférence, par l'emploi des révulsifs les plus puissants. On va pouvoir juger d'ailleurs de la fécondité de ces principes et de l'importance du phénomène de la réaction vers la peau dans l'emploi des bains à diverses températures.
Nous devons établir d'abord , en ce qui concerne les bains froids (de 6 à n° centig.), qu'ils agissent différemment sur les personnes qui en font usage, selon le tempérament, l'âge, et même suivant certaines conditions organiques qui ne dépendent ni de la force , ni de la faiblesse. Pour beaucoup d'entre elles, ils ne produisent que des réactions insignifiantes, lentes, imparfaites. Les parties plongées dans le bain restent longtemps froides, et la chaleur ue se manifeste avec quelque intensité que
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lorsque la peau a été animée par des frictions , l'exercice et des vêtements chauds. Or, en ce cas, on aurait tort d'attribuer au bain froid , ce me semble, des effets qui appartiennent aux derniers modificateurs.
Atteint d'un léger gonflement, parfois douloureux, à l'articulation de l'orteil gauche, où la goutte se montre si souvent, je voulus connaître l'influence de l'eau froide sur cette affection que j'avais augmentée par des sorties inopportunes. Dans une chambre ayant 1 70 de température, je pris à quinze jours d'intervalle, durant les chaleurs de l'été, des bainsdepiedfrais(i7°)d'un quart d heure de durée, et en même temps je me lavai tout le corps avec une éponge trempée dans l'eau de ce bain. J'essuyai ensuite avec soin toutes les parties mouillées. Deux de ces expériences produisirent du gonflement et un accroissement sensible de la souffrance. Les pieds, pendant un long intervalle, conservèrent leur impression froide. Une troisième tentative amena, sinon les mêmes effets, du moins des résultats analogues. J'éprouvai à la sortie du bain une vive douleur rhumatismale à l'épaule gauche, qui se maintint durant vingt-quatre heures. Enfin, dans un dernier essai, la paupière inférieure de l'œil s'enflamma, et un gros bouton rempli de pus se forma à la jambe droite. Suffisamment édifié par ces expériences, j'eus recours aux bains tièdes, je gardai la chambre , et revins promplemcnt à mon élal de santé ordinaire.
H est donc bien évident que Ton ne saurait,
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sous le point de vue de l'hygiène, tracer des règles invariables concernant l'emploi des bains : il est des personnes auxquelles les froids conviennent essentiellement, tandis qu'elles ne peuvent supporter les autres. Mais le contraire arrive le plus souvent, et les constitutions qui, sans être débiles, réagissent avec difficulté contre le froid, ne doivent pas faire usage de bains à basse température, car ils peuvent alors déterminer des congestions funestes. Si, par exception, le médecin les leur prescrit, ce ne sera pas sans les accompagner de frictions énergiques, d'exercices qui rappellent la chaleur à l'extérieur et la transpiration. Telle est la pratique de Priessnitz. Au reste, et malgré ces précautions salutaires, la suppression intempestive de cette évacuation donne très-fréquemment lieu à des furoncles , à des dépôts sous-cutanés considérables, dont la véritable origine a été méconnue par la plupart de ses adeptes.
On conçoit que ces prétendues crises s'opèrent vers la peau, sous l'influence du froid et d'une réaction imparfaite; il doit aussi survenir, par suite de celte influence, des crises funestes dans les organes internes, et c'est ce qui arrive en effet.
Le livre du docteur Bigel , traducteur de celui de Munde, et l'excellent travail de M. Scoutetten, l'un de nos chirurgiens militaires les plus distingués, m'ont offert des documents intéressants sur l'application de la méthode hydrique ou hydrothérapique.
Dans le procédé de Priessnitz, l'eau est employée