‹ Causons du pays et de la colonisation [microforme]Chapitre 16 sur 30 · NSP SES À 29 + CHSCT ER ER ER NS VAS · texte numérisé non relu

NSP SES À 29 + CHSCT ER ER ER NS VAS

ment considérable ; il n’est bon qu’à de petits marchands forains qui apportent ou font venir tous les ans des warchandises de France pour sept ou huit mille francs. Quiconque en apporterait pour vingt mille francs aurait de la peine à faire la vente la même année. Il ya cependant quelques marchands particuliers qui ne laissent pas de faire un grand débit. On est beaucoup ménager, car on cherche le solide. Le vin et l’eau-de-vie se débitent avec plus de faculté que tout autre chose.

‘ Il se pourrait faire d’autres commerce, si l'or voulait :

s’y appliquer. On y ferait du gaudron en quantité. Le charbon de terre, le transport des planches de chêne, de sapin, des bois de charpente ; la pêche du saumon, de la morüe et de l’anguille, avec la vente des farines, quand les années sont abondantes, auraient un grand cours aux îles de l'Amérique,

‘ Le grand commerce Ce toute la Nouvelle-France se fait dans la ville de Montréal, où abordent des nations de cinq à six cents lieues, que nous appelons nos alliés. Ils commencent à venir au mois de juin en grandes bandes. Les chefs de chaque ration vont d’abord saluer le gouverneur, à qui ils font présent de quelques pelleteries et le prient en même temps de ne pas souffrir qu’on leur vende trop cher les marchandises, quoiqu'il

n’en soit pas le maître, puisque un chacun dispose du

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sien comme il le juge à propos. Ils tiennent une foire sur le bord du fleuve, le long des palissades de la ville, Des sentinelles empêchent que l'on n’entre dans leurs cabanes, pour éviter les chagrins qu'on leur pourrait faire et pour leur donner la liberté d'aller et venir gans la ville, où toutes les boutiques leur sont ouvertes, C’est à qui fera valoir son talent. Les plus fortes amitiés ne laissent pas de se refroidir dans ces moments. Le mouvement tumultueux qui règne pour lors et l’envie que lon a de faire son profit, dissipe cette ouverture de cœur, et à peine le fils reconnait quelquefois son père. L'un attend au passage un Sauvage qu’il voit chargé de castors, l’autre l’attire chez lui et compose du mieux qu'il peut. Celui-ci, qui est aussi raffiné que le Canadien sur le fait de la traite, examine attentivement ce qu’on lui montre. Ce commerce dure trois mois à plusieurs reprises. On y voit des peaux d’ours, de loups-cerviers, chats sauvages, pecans, martes, pichioux, loutres, loups .de bois, renards argentés, peaux de chevreuils, de cerfs, de squenontous et d’orignaux, vertes et passées, surtout du castor de toutes les espèces. On leur vend de la poudre, des balles, des capotes, des habits à la française châmarrés de dentelles d'or faux. qui leur donne une figure tout à fait grotesque, du vermillon, des chaudières, des marmites de fer et de cuivre, et toute sorte de quin-

caillerie, La ville ressemble pour lors à un enfer, par l'air affreux de tous ces Sauväges qui se matachent plus que jamais, croyant par là se mettre sur leur propre

D'ailleurs, les hurlements, le tintamarre, les querelles et les dissensions qui surviennent entre eux et nos Iroquois augmentent encore l’horreur de ces spectacles; car, quelque précautions que l’on prenne pour émpêcher les marchands de leur donner de l’eau-de-vie, il y a quan-

tité de Sauvages qui sont ivres morts.

‘“ Le temps où le commerce roule le plus à Québec est aux mois d'août, septembre et octobre, que les vaisseaux arrivent de France. Il se fait une fo're dans la basse-ville ; toutes les boutiques et les magasins étalent leurs marchandises. Ce ne sont qu’empresscments de part et d’autre pour se défaire de ses effets, et pour avoir bon marché. On y voit sur la fin d'octobre les habitants des campagnes, que l’on appellerait paysans en tout autre lieu que le Canada, qui viennent faire leurs emplettes. Chacun tâche de régler ses affaires avant la partance des vaisseaux, qui veulent profiter de la belle saison pour éviter un coup de vent de nord-est, qui vient

quelques jours devant ou après la Toussaint. Lorsqu'ils

différent leur départ jusqu’au mois de novembre, ils courent risque de rencontrer des glaces dans le fleuve. ‘“ La rade de: Québec qui se trouve tout à coup sans

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