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réciproques d’une amitié qui paraît si étroite que c’est à qui se préviendra, C’est un mouvement si grand des gens de pied et des carrioles, pendant huit jours, qu’il semble que tout est en trouble. On passe le reste du temps fort agréablement, jusqu’au carême. La joie et je plaisir y régnaient, il y a quelques années, On ne laisse pas de donner des repas magnifiques ; il y en a qui se font avec cérémonie et beaucoup de circonspection, où l’on choisit les personnes selon leur condition, On prie un jour les femmes d'officiers avec leurs maris, les conseillers un autre, et la bourgeoisie y tient son rang. Les personnes du sexe de ce dernier état ont des manières bien différentes de celles de ros bourgeoises de Paris et de nos p:ovinciales. |
‘ Le carême est difficile à passer ; les mois de février et de mars étaut la saison la plus rude de l’année ; le froid est pour lers excessif à Québec ; le temps néanmoins est beau et le ciel très pur; l'hiver a cela de particulier qu’il y a très peu de brouillards, ce qui fait que l'on s’y porte bien. On se fait ici au froid comme à toutes choses, sans que l’on se charge trop de, hardes; les hommes sont, la plupart du temps, tout déboutonnés. Quand on ne voit qu’un ou deux pieds de neige sur terre on dit que l'hiver est très doux ; il y en a ordinairement cinq ou six, du moi 1s dans les bois, Je ne vous
parle point de certains endroits où des tourbillons en
assemblent une si grande quantité qu’on ne pourrait s'en tirer si on s’y engageait ; la chasse est alors plus abondante, on y prend plus de martes, de renards, et
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d’autres pelleteries. Il y neige au mois de mai. La longue durée de la neïgé fait que l’on ne commence les semences du blé et des autres grains qu’au mois de mai : cela n'empêche pas que l’on ne fasse la récolte en août et septembre. Cette abondance de neige est comme un fumier qui engraisse et échauffe la terre.
‘“ La neige, qui paraît à Québec dès le quinzième octobre, vient à force dans le mois de uovembre. Ii n’y a pour lors plus de commerce et la plupart des boutiques sont fermées, On est donc chez soi comme dans une
- tannière, jusqu’à ce qu’il y ait beaucoup de neige sur la terre. Quand elle commence à s’endurcir on n’est plus
si sédentaire : les carrioles commencent à rouler. À Une carriole est une espèce de petit carrosse coupé |
par le milieu et posée au lieu de roues sur deux pièces
de bois dont les bouts sont recourbés pour glisser plus
aisément sur,la neige et sur les glaces. Ces sortes de
voitures sont très commodes ; on les embellit de pein-
tures et d'armoiries : il serait impossible d’aller autrement
en carrosse à cause de la quantité de neige.
‘“ Le commerce des marchandisas n’est pas extrême-