A EDOUARD DETAILLE
Quand ce livre parut, il y a six ans, ton nom inscrit près du mien en fit la fortune et en assura le succès. Il se présentait alors merveilleusement orné de ces tableaux où tu as évoqué et réalisé les héros de l'Epopée. Dépouillé de cette admirable parure, je comptais peu que le public lui ferait accueil. Mais, à parler de l'armée et de l'Empereur, on trouve encore de l'écho. Le succès a consacré ces pages rapides et, en souvenir du but qu'elles se sont d'abord proposé, j'y inscris ton nom. Notre amitié est de trop vieille date, elle est trop entrée danp nos chairs, elle fut trop éprouvée au feu de la vie pour que j'aie besoin de l'attester par rien qui soit public. Mais, de ce qu'ensemble nous avons pensé et rêvé, quelque chose est ici qui t'appartient plus qu'à moi. C'est au président de la Sabretache, créatrice du Musée de
rAi'inée, plus qu'au grand peintre et à l'ami fidèle que je dédie ce livre : l'esprit qui l'a dicté est le même qui a fondé noire société. Répandre et propager les traditions militaires, faire mieux aimer le soldat en le faisant mieux connaître, ex[diquer son origine, préciser son uniforme, dégager son âme, c'est la tâche que la Sabrf-tache s'est proposée; c'est celle que j'ai entreprise pour les Cavaliers de Napoléon. Nulle prétention à des leçons de stratégie ou de tactique ; seulement, en marge des annuaires des noies qui la plupart, procèdent de l'Empereur, sont copiées de ses écrits, rapportées de ses actes, inspirées de ses pensées. Certaines de ces notes peuvent être utiles, même maintenant. Toutes ne vont qu'à glorifier l'Empereur et ses soldats, à montrer leurs méthodes et à en indiquer les vertus. Bien sûr, pour le pittoresque, il eût été impossible avec une plume, de rivaliser avec ton pinceau; et de même l'anecdote a échappé, car si j'avais cédé à en fournir, dix volumes n'eussent point suffi. Ce livre, s'est donc trouvé plus de philosophie et de doctrine que d'histoire. Il introduit à des