‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 1 sur 171 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

C'est un plaisir délectable de vivre dans l'intimité d'un grand homme, mort depuis longtemps. Etudier ses origines, la formation et les variations de son esprit; le placer dans son milieu, parmi les hommes qu'il a aimés ou détestés, dans les idées qui turent siennes et les événements auxquels il a participé; rechercher son influence sur l'histoire de son pays et des Etats voisins, rien n'est plus intéressant. Et le rouleau de la mort , le recul du temps permettent à cette étude la sereine impartialité sans laquelle il n'est point d'histoire.

Lorsqu'au lieu d'un chancelier à la poigne dure, insoucieux du droit et de l'indépendance humaine, le héros se trouve d'un génie aimable et souriant, d'un esprit souple et nuancé, porté à persuader plus qu'à contraindre, ennemi de toute oppression, épris de toutes libertés, quand, enfin, sous l'homme d'État apparaît l'homme, avec ses passions, ^es faiblesses charmantes, ses riches qualités, alors de cette fréquentation naît une sympathie proche de TafFection.

Pour acquérir tout leur prix, ces relations doivent être directes, personnelles, et, pour ainsi parler, d'homme à homme. Certes il eût été impudent de négliger les biographies parues en Italie, en Angleterre et en France, car il en est d'excel-

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