Cavour à W. de La Rive
3. En 1850, lorsque Cavour est entré aux affaires, sa fortune personnelle s'élevait à deux millions environ.
science financière comme de relations internationales. A cette activité son caractère s'est harmonisé : plus de regrets stériles ou de désespérances « ne portant qu'à un vain pessimisme » ; mais un « entrain contagieux ^ », une activité prodiguée sans fatigue, une joie dans la production. Parfois se souvient-il de ses visées politiques ? de l'obstination du roi à l'écarter du gouvernement? et que si quelque étranger parle de lui pour un ministère, on sourit ? oui, peut-être, mais sa bonne humeur n'en est point troublée, car, avec son robuste optimisme et mieux encore que son souverain il « attend son astre ». M""" de Cavour déplorait, en 1841, « l'état flottant » de son cadet ■^; elle a pu mourir rassurée % car l'enfant a fixé son destin.
Sur un seul point, rien n'est changé en lui, l'amour, la passion de la Liberté. « Si j'étais libéral en 1831, écrivait-il, je le suis encore en 1843. » Ni réactionnaire, ni révolutionnaire, mais partisan du progrès sans moyens violents; et d'ailleurs nulle divergence « entre ma manière de voir actuelle et celle que j'avais à vingt ans' ». Oui, et ceci s'est produit : son opinion paraissait en 1831 une originalité, presque un vice, et qui l'a fait chasser de l'armée; mais d'autres l'ont partagée, manifestée, professée, et ainsi s'est-il formé, à côté de lui, dans sa classe et parmi ses amis, un parti libéral. Il n'en est point de tel ailleurs en Italie : à