‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 68 sur 171 · M. de Rumigny au comte Mole, 23 septembre · texte numérisé non relu

M. de Rumigny au comte Mole, 23 septembre

(monté sur le trône depuis trois ans) pour le faire couronner à Milan roi de Lombardie-Vénétie ^ Il avait l'intention d'inviter à cette cérémonie tous les princes de la péninsule, pour les grouper comme des vassaux autour du Roi des Rois. Déjà on annonçait l'acceptation de Charles- Albert, et un poète patriote, Giusti, lançait une ode indignée :

Regarde le premier souiller ses genoux, Le Savoyard jaune de remords.

Mais bientôt on apprit que 1^ Roi ne se rendrait pas à Milan, — et Ton expliqua cette abstention par son désir d'éviter « d'ajouter à l'éclat des cérémonies qui allaient y avoir lieu et de relever en quelque façon la splendeur de la couronne du roi des Lombards » ; lui-même déclarait « qu'il n'avait pas été question de ce voyage" ». Tout de même, dix jours après le couronnement, il se rendait à Pavie, — très près de Milan, — où il avait donné rendez-vous à Metternich et se montrait « on ne peut plus aimable à son égard; Clément a été content de lui », ajoutait la princesse de Metternich, sans ironie aucune"; et Charles- Albert remettait la grand'croix d'un de ses ordres à Radetzky, le futur vainqueur de Novare.

Le roi de Piémont pensait-il déjà à préparer la guerre contre l'Autriche? On l'a soutenu*, c'est peut-être aller bien loin dans ses desseins. Mais il estimait qu'un monarque doit être prêt à toute éventualité, qu'il n'est pas d'Etat fort sans de bonnes finances et une bonne armée, et il améliorait Tune et les autres. 11 confia le portefeuille des Finances à un libéral,

i. Orsi. L'Italie moderne, trad. Bergmann, p. 109.

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