‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 67 sur 171 · M. de Rumigny à M. Thiers, 26 février · texte numérisé non relu

M. de Rumigny à M. Thiers, 26 février

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point d'ailleurs sans raisons, il se sentait perpétuellement, aurait-il dit plus tard au duc d'Aumale, « entre le poignard des carbonari et le chocolat des Jésuites ». Il était trop intelligent pour ne point comprendre que la mélancolie, la terreur et l'hésitation ne constituent pas une politique, mais il n'avait pas assez de caractère pour secouer brusquement, d'un coup, le joug de la Congrégation et de TAutriche. Il procéda donc par petites secousses, qui échappaient en partie aux contemporains, d'autant plus qu'elles étaient suivies de sauts en arrière, imprévus et déconcertants. Sur l'heure, on ne voyait point ce qu'il voulait et où il allait ; de loin, sa voie apparaît mieux, tortueuse, mais dirigée vers le progrès sans liberté, « autocratie éclairée et progressive^ ».

Il était las des procédés autrichiens ; par inconséquence et faiblesse, il avait remis 1^ direction de sa diplomatie à M. de la INIarguerite, qui était inféodé au Ballplatz ; mais il trouvait humiliant pour un prince, dont la maison marqyait dans l'histoire depuis neuf siècles, d'être à la remorque de M. de Metternich. S'il faisait quelques avances à l'envoyé de la France, ce n'était point par admiration pour la monarchie de Juillet, car il la trouvait bourgeoise, issue des barricades, mais pour obtenir un contrepoids aux intrigues du ministre autrichien, M. de Bombelles, « esprit tracassier et remuant, mêlé à beaucoup de démarches auxquelles il eût été sage de demeurer étranger ». Et il déclarait tout net à M. de Rumigny : « Je n'attaque l'indépendance de personne, mais je veux garder la mienne tout entière-. » En 1838, il profita d'une occasion pour se dégager... pendant quelques jours. Metternich voulut conduire en Italie Tempereur Ferdinand 1"^

1. Bolton King. Histoire de i Unité ilalienne, trad. Yves Guyot, t. I, p. 177.

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