‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 2)Chapitre 79 sur 171 · Cavour à Naville de Chàteauvicux, 3 octobre 1S3S · texte numérisé non relu

Cavour à Naville de Chàteauvicux, 3 octobre 1S3S

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vapeur pour le lac Majeur et la Compagnie Savoyarde qui devait construire des canaux et couvrir de bateaux toutes les voies navigables de la péninsule; les résultats de celle-ci furent déplorables ; on avait trouvé un inventeur de génie qui présenta des plans de machines « infaillibles » ; mais ses chaudières ne donnèrent point de vapeur, et les bateaux refusèrent de marcher ^ ; on modifia les plans de telle manière que les bateaux devaient « voler sur Teau » ; ils préférèrent ne point bouger; néanmoins les constructeurs présentaient des factures impeccables, leurs travaux étant conformes aux plans qui leur étaient imposés; et à la fin de Tannée 1840, M""" de Cavour notait avec mélancolie : « Ce matin notre Camille est enfin arrivé... de Chambéry, où il a vu la fin de la Compagnie Savoyarde-. »

11 éprouvait la vérité de ce dire de Rabelais, qu'il est plus de manières de perdre l'argent que de le gagner. A Gênes, à Paris, peut-être à Genève, il avait voulu jouer à la Bourse, tâter de l'émotion qui vous fait en une demi-heure millionnaire ou décavé ; il avait même réalisé quelques bénéfices à Paris en 1838, et avait cru amadouer son père en lui envoyant 4.000 francs sur 20.000 qu'il avait gagnés : le vieux gentilhomme toucha très bien ce petit impromptu ; mais deux ans après se produisit une catastrophe, — on la dira plus loin — , qui fit rugir le sage marquis et guérit à jamais Camille des spéculations à la Bourse.

Il était une habitude plus dégradante, dont il ne parvenait point à se défaire, et il s'en indignait lui-même : le jeu de cartes; il l'avait contractée dès sa jeunesse, développée dans ses années mauvaises, de 1832 à 1834, et il en reconnaissait lui-même tous les vices. « Je néglige les études, écrivait-il, je

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