Cavour au prince Napoléon, 23 décembre
attendre que fussent fixés les accords avec la France : dès les signatures échangées et les l'êtes terminées, on décida de solliciter du Parlement l'autorisation nécessaire, tout en continuant l'étude des « voies et moyens ».
Le 4 février, Lanza déposa à la Chambre un projet de loi tendant à permettre au gouvernement de contracter un emprunt de cinquante millions de lires; l'exposé des motifs relatait les armements extraordinaires de l'Autriche dans le royaume lombard- vénitien, la concentration de troupes sur les frontières piémontaises, qui rendaient nécessaires et urgentes des mesures de précaution et de protection pour le royaume sarde; le même jour, Cavour adressait à ses agents diplomatiques une circulaire, combinée avec le prince Napoléon et approuvée par l'empereur1, et qui retraçait à larges traits toute l'histoire italienne de 1856 à 1859, les préparatifs belliqueux de l'Autriche, les éventualités qu'ils faisaient redouter. Le royaume n'y répondait que par des mesures exclusivement défensives. « Le Piémont, y était-il écrit en conclusion, fort de son bon droit et aidé par les alliés que la justice de sa cause peut seule lui procurer, est prêt à combattre tout élément de désordre dans la péninsule, de quelque part qu'il vienne, de l'Autriche ou de la révolution. » Présenter la maison de Savoie comme protectrice de l'équilibre établi en 1815 par les Congrès de Vienne, c'était raide, mais habile.
Les travaux préparatoires sur l'emprunt furent très prompts : à l'unanimité la commission déposa un rapport favorable et les débats s'engagèrent le 9 février. Le vieux comte de La Margherita prit la parole le premier pour contester que l'Autriche eût la moindre velléité d'attaquer le Piémont, et s'élever contre la politique du ministère, toute de provocation