‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 125 sur 347 · Cavour à Em. d'Azeglio, 9 avril 18o · texte numérisé non relu

Cavour à Em. d'Azeglio, 9 avril 18o

3.' Cavour à Em. d'Azeglio, sans date. Bianchi, La politique du comte de Cavour, p. 332.

la forme très peu bienveillante dans laquelle elle avait été faite. C'est, m'a-t-il dit, la guerre à notre alliance que nous fait en ce moment l'Angleterre; en même temps qu'elle nous menace et qu'elle soutient l'Autriche contre nous, elle nous fait dire confidentiellement par ses hommes d'État les plus éminents, par lord Malmesbury, par lord Clarendon, par lord Cowley lui-même, que si nous nous séparons de la France, elle sera pour nous contre l'Autriche... J'ai prié Azeglio d'aller à Paris; il est, lui, favorable à l'idée d'une solution pacifique, qu'on s'entende avec lui. Pour moi, je ne pourrais consentir à un désarmement général sans me déshonorer. » Et le prince de La Tour d'Auvergne ajoutait : « M. de Cavour est fort ému et ses appréciations, par suite, n'étaient peut-être pas aussi mesurées que d'habitude1 ». Le ministre sarde lut au diplomate français un projet de réponse à l'Angleterre, projet modifié le lendemain sur les indications, semble-t-il, du prince Napoléon, donc de l'empereur, et fort habile : la Sardaigne, exclue du Congrès, ne pouvait s'engager à un désarmement pur et simple ; si l'Autriche cessait d'envoyer des troupes en Italie, elle-même renoncerait à appeler de nouveaux contingents et à faire sortir ses troupes de leurs po sitions purement défensives " . Cette note fut remise le 1 7 avril. A ce moment les informations que Cavour recevait sur les mouvements des troupes autrichiennes, sur les secrètes menées de la cour de Vienne faisaient considérer « comme très prochaine une attaque3 », qu'il redoutait et désirait tout en-

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