‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 124 sur 347 · Cavour à Em. d'Azeglio, 9 avril · texte numérisé non relu

Cavour à Em. d'Azeglio, 9 avril

4. Gavour au prince Napoléon, 12 avril 1859. Cpr. Bianchi, Storia docurnenlata, t. VIII, p. 58.

sées », le désarmement immédiat delà Sardaigne, l'Angleterre ne voulant se rendre au Congrès que si, auparavant, toutes les puissances avaient désarmé. Profitant d'une nouvelle absence de Victor-Emmanuel, Cavour objecta qu'il ne pouvait répondre sans prendre les ordres du roi et consulter ses collègues1.

Dans cette situation si tendue, le monarque et son premier ministre avaient compris la nécessité d'envoyer à Paris et à Londres la personnalité sarde la plus sympathique à ces cours, Massimo d'Azeglio; celui-ci était aussi bon Italien que tout autre (il est, disait Cavour, « l'auteur et le père de la question italienne »)% mais plus pacifique que le président du Conseil, plus avant dans la confiance du roi, moins suspect au quai d'Orsay et à Saint-James Palace, d'ailleurs très bien vu aux Tuileries; il était donc parti dès le 14 au matin, pour affermir l'empereur et adoucir le gouvernement de la reine. Cavour le mit par télégramme au courant de ce nouvel incident, car le cabinet anglais ne se laissait point piper aux paroles dilatoires du ministre sarde, et, dès le lo, West s'était de nouveau présenté, cette fois en compagnie du représentant prussien, Brassier Saint-Simon, porteur de « recommandations » analogues : mais il existait une légère divergence entre les instructions des deux cours ; le malin sarde en profita pour les inviter à consulter leurs gouvernements, — et gagner ainsi vingt-quatre heures3.

Le même jour il reçut le ministre de France, qui écrivit le soir au quai d'Orsay : « J'ai trouvé M. de Cavour très déconcerté de la démarche du chargé d'affaires d'Angleterre et de

1. 'Cavour à Massimo d'Azeglio, 15 avril 1859; à Em. d'Azeglio, sans date.

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