Napoléon III au prince Napoléon. 25 mai
5. Le P. Lacordaire à l'abbé Perreyve, 23 avril 1859. Cpr. M. d'Azeglio à E. Rendu, 27 mai 1859.
fervent défenseur; mais tout de même avaient-ils fait remettre au gouvernement de Rome une note qui déterminait les conditions du maintien des Autrichiens dans les États du pope; et Cavour était beaucoup plus radical, affirmant à l'envoyé de la France que la neutralité de ces États était violée par les nouveaux travaux de fortification que l'Autriche entreprenait à Ancône^le gouvernement pontifical ne pouvait ignorer que l'ambitieuse maison de Savoie visait les Romagnes, — pour commencer. A Rome même, les engagements pour l'armée italienne se multipliaient, et jusque parmi les soldats du Vatican; le cardinal d'Etat protestait, par l'intermédiaire du quai d'Orsay et de la légation française à Turin2; Cavour affirmait que ce n'était point là embauchages officiels, qu'il écrirait à son représentant auprès du Vatican d'éviter toute provocation en ce sens3, — et les engagements continuaient. Le Saint-Père sentait, dans la Ville Eternelle, une vibration d'hostilité et de révolte : un groupe de notables écrivait que « s'ils étaient prêts à subir le sort des parias de l'Inde et des ilotes de Sparte, ils mettaient un juste orgueil à faire pour l'indépendance autant qu'aucune autre ville1 ».
Dans les Romagnes, l'agitation était bien plus forte et profonde : le pays était si bien préparé pour la révolution que Victor-Emmanuel la déclarait certaine dès l'arrivée du prince Napoléon en Toscane5. Mais les troupes autrichiennes tenaient si solidement les villes et les points straté-