‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 144 sur 347 · L'empereur au ministre, 25 mai, 9 h. 30 malin · texte numérisé non relu

L'empereur au ministre, 25 mai, 9 h. 30 malin

des affaires intérieures du pays1 ». Sur ce, le gendre de Victor-Emmanuel s'installa à Florence.

Dans les autres Etats, la cassure ne s'était point encore opérée. Il est vrai, dans le duché de Modène, les provinces de Massa et Carrare s'étaient révoltées le même jour que Florence, et elles s'étaienl données au roi de Sardaigne qui les avait placées immédiatement sous son administration2. Mais François V maintenait son autorité dans le reste de son État, l'Autriche avait renforcé ses garnisons à Modène et Reggio, le traité d'alliance avait été resserré : le gouvernement sarde en prit prétexte pour déclarer la guerre au duché3.

La duchesse de Parme avait quitté sa bonne ville le 1er mai, pas pour longtemps, car ses soldats réclamèrent à grands cris son retour, et elle revint dès le 5, proclamant sa neutralité. L'empereur tenait à se montrer « plein d'égards pour la duchesse, justement parce qu'elle était Bourbon* ».

Le gouvernement pontifical proclamait sa neutralité, mais ses préférences étaient notoires; depuis 1815, il s'était appuyé sur « le bras de fer de l'Autriche5 », il ne soutenait son autorité dans les Romagnes qu'à l'aide des soldats étrangers, tandis que depuis 1 849 il était en difficultés perpétuelles avec le Piémont. Sans doute l'empereur des Français manifestait un pieux respect pour le Saint-Père, et son ministre des Affaires étrangères était pour le pouvoir temporel de la papauté un

1. Napoléon III au prince Napoléon, 25 et 26 mai 1859. L'empereur pensait « à faire revenir le fils du grand-duc, à lui faire accepter une constitution et une alliance avec le Piémont ». Au prince Napoléon, 28 mai.

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