Napoléon III au prince Napoléon, 1" juin
3. Cavour fit une nouvelle et vaine tentative le 7 mai. Messeri, La politica del conte di Cavour nella liberazione ciel Mezzogiorno, dans le Risorgimento italiano, 1913, p. 283.
4. Sur cette mission Salmour, Massari, Il conte di Cavour, p. 397 et suiv.
lent ; mais, dans ses relations avec la cour de Naples, Cavour devait montrer beaucoup de prudence, car il n'était pas d'accord à ce sujet avec Napoléon1 et savait la dynastie napolitaine protégée par l'empereur de Russie. François II décida de maintenir sa neutralité : ses ministres croyaient au succès des Autrichiens.
Dans toute sa politique italienne, Cavour était obligé de se préoccuper, avec le plus grand soin, des intentions du grand allié de son roi, de l'opinion des puissances neutres.
Napoléon avait été fidèle aux engagements de Plombières et du traité signé en janvier ; mais dans ses entretiens avec lui, à Gênes, à Alexandrie, Cavour avait perçu certaines réserves qui n'étaient point sans l'inquiéter. Même dans une politique toute personnelle, l'empereur devait compter avec l'opinion publique de la France, avec le parti catholique très influent auprès de l'impératrice-régente, avec ses propres conseillers. Le premier d'entre eux, Walewski, était très peu favorable à la campagne d'Italie et tentait sans cesse d'en restreindre les conséquences. Il écrivait dans une dépêche que Cavour devait lire : « Une des premières préoccupations des deux gouvernements doit être, à mon avis, de se concilier de plus en plus l'opinion européenne, en montrant, dès le début des événements, que la cause qu'ils défendent n'est autre que celle de l'indépendance de l'Italie et de l'équilibre de l'Europe, et que pour cette œuvre essentiellement morale et conservatrice, ils entendent répudier énergiquement le concours ou l'appui du parti démagogique2 ». Cavour avait beau « adhérer pleinement à ces idées », garantir que toute l'influence du Piémont en Toscane serait employée à « sauvegarder l'ordre », désavouer les embauchages de soldats pour