Walewski à La Tour d'Auvergne, 2 mai
Cavour. — m. H
l'armée nationale parmi les troupes pontificales1; le prince de La Tour d'Auvergne se méfiait et le comte Walewski pareillement. Celui-ci se fâcha quand le Piémont prétendit assumer seul la représentation de la Toscane, et, lorsque les événements se développèrent, il exhala des plaintes chaque jour plus fortes sur l'attitude du commissaire sarde à Florence, les manifestations provoquées en Toscane et dans les Légations, l'envoi d'un commissaire dans les Romagnes, l'accueil fait par Cavour à la délégation de Bologne, et, ceci était grave, il ajoutait qu'il avait pris les instructions de « Sa Majesté ». « L'empereur pense que des mouvements insurrectionnels ne peuvent exercer qu'une influence regrettable sur le sort des populations et désapprouve les événements qui ont éclaté dans les Légations2. » L'Angleterre, originairement hostile à l'action sarde, avait été si mécontente de la brusque initiative de l'Autriche, qu'elle en était devenue favorable aux Alliés en campagne. Lord Malmesbury avait adressé à ses agents en Allemagne une circulaire destinée à calmer les ardeurs austrophiies des petits États de la Confédération. Mais le parti tory, alors au pouvoir, n'avait point de sympathie pour les hardiesses italiennes :s; il redoutait une alliance durable de la France et de la Russie; la reine ressentait si vivement la défaite des Autrichiens qu' « elle voulait prendre parti pour eux*»; le prince consort, né Cobourg-Gotha, était tout acquis à l'Autriche, d'accord avec son frère, le duc Ernest, et son oncle, le roi Léopold de Belgique. Heureusement, en juin, le cabinet Derby était remplacé par un ministère whig, Pal-