Supra, p
France a été elle-même en guerre ouverte avec l'Autriche, et si le cas se présentait de nouveau, que nous fussions ou non les alliés de la France, la place d'Alexandrie nous serait infiniment utile ». Comment, d'ailleurs, l'Autriche pourrait-elle accuser la Sardaigne de provocation, elle qui a multiplié les travaux militaires en Lombard ie, qui fortifie à Plaisance un terrain ne lui appartenant pas, et en violation directe du traité de Vienne ? « Si donc il y a eu provocation, ce n'est pas de notre part1 ». Les crédits sont votés à une forte majorité.
A la défense dans la plaine du Pô, se joignent naturellement les armements sur mer, car, dans la pensée de Cavour, la guerre se portera également dans la Méditerranée, dans l'Adriatique surtout. De là vient la création du port militaire de la Spezzia, idée ancienne déjà, car elle remonte à Napoléon, fondation qui dépasse les forces du petit Piémont, mais qui sera le port national de l'Italie ressuscitée; Cavour, qui s'est depuis longtemps voué à cette création, a pour adversaires les armateurs génois, qui voient déjà leur transit amoindri ; il s'efforce de les calmer en leur insinuant que leur port n'est point destiné à demeurer exclusivement sarde; qu'il est appelé à recueillir le commerce de toute l'Italie, — comme il l'est devenu. Mais à Gênes cet argument est mal compris 2 ; des incidents s'y sont produits sur la part de la ville dans les taxes de consommation, qui ont amené la dissolution du conseil municipal et la nomination d'un commissaire royal. Aussi le projet de loi sur la translation du port militaire à la Spezzia rencontre-t-il une vive opposition, de la droite, de l'extrême gauche, des Génois. Cavour dans un long discours,