‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 18 sur 347 · Cpr. Cavour à E. d'Azeglio, b juillet · texte numérisé non relu

Cpr. Cavour à E. d'Azeglio, b juillet

remparts ; Manin la présente aux Italiens de Paris dans un retentissant article, qui marque son entente avec le cabinet sarde. Jaloux, Mazzini renchérit, ouvre à son tour une souscription pour acheter dix mille fusils qui doivent armer le peuple insurgé; Rattazzi, ministre de l'Intérieur, interdit la publicité de cette souscription et fait saisir le journal mazzinien de Gênes, Vltalïa ciel Popolo1. A ce moment l'Autriche se fâche avec une maladroite brutalité et menace de rompre toutes relations officielles avec le royaume de Sardaigne2. Ces incidents ont leur répercussion naturelle à la Chambre. Au début de mars, le gouvernement dépose une demande de crédits spéciaux pour les travaux d'Alexandrie. La critique vient cette fois d'un membre de l'extrême droite, Solaro délia Margherila, ministre de l'ancien régime, intègre, droit, mais esprit étroit, de regard limité, entiché de l'alliance autrichienne. Il déclare les fortifications d'Alexandrie inutiles pour la défense du territoire, dangereuses même, car elles constituent une provocation contre l'Autriche, une manifestation nouvelle d'hostilité contre cette puissance. Cavour réplique que le projet est ancien, étudié par Charles-Albert « et peut-être malgré ses ministres » (on rit, La Margherila étant de ceux-ci); il ne s'agit là d'ailleurs que d'un travail défensif. Cavour ne pense pas que l'Autriche attaque le Piémont, « ni aujourd'hui, ni demain », mais le gouvernement « doit tenir compte de la possibilité d'une attaque ; ce n'est point là une éventualité chimérique »; et négligemment il glisse ceci, qui marque son espérance : « Il ne faut pas dire que la France empêchera toute rupture entre l'Autriche et nous, car il est arrivé bien fréquemment dans les derniers siècles que la

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