‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 23 sur 347 · Gavour à Villamarina, 17 juin · texte numérisé non relu

Gavour à Villamarina, 17 juin

lion du conseil municipal et produit un vif mécontentement1; le journal mazzinien, V Italia del Popolo, contenait des articles assez mystérieux; nul ne s'était inquiété de savoir ce qu'était devenu l'argent de la souscription pour les dix mille fusils. Et sous les yeux fermés de la police, les conspirateurs introduisaient à Gênes « de la poudre et des balles ». Sous cape, Mazzini était parvenu à organiser « une conspiration qui s'étendait de Gênes aux Galabres2 », avec un plan plus étendu peut-être, et « dont une des principales bases était un attentat contre les jours de l'empereur3 ».

Le plan de bataille était à la vérité très mal conçu : Mazzini s'était-il fait illusion sur l'excitabilité des populations italiennes? des défections se produisirent-elles au dernier moment ? le tout est que ce projet grandiose reposait sur trois insurrections conjointes, à Gênes, à Livourne et dans le Napolitain, mais de préparation et de recrutement bien ténus. Ce fut, a-t-on écrit, « la plus coupable des entreprises de Mazzini4 » ; la plus folle aussi.

Le 25 juin 1857, le vapeur Cagliari quittait Gênes, faisant route pour la Sardaigne5. Parmi les nombreux passagers, une quarantaine étaient des conjurés mazziniens. Leur chef, Carlo Pisacane, né dans une famille aristocratique de Naples, ancien page du roi, officier au corps du génie, s'était révolté

Page 1