Masi, Il Risorgimenlo ilaliano, p
l'Italie, à la France, à l'Espagne1, aboutirait à l'assassinat de Napoléon III et de quelques autres tyrans, à l'affranchissement des peuples et au bonheur universel. Il avait envoyé ses lieutenants dans diverses villes de la péninsule et ceux-ci s'entretenaient avec les frères et amis, parmi lesquels se glissaient quelques agents de la police secrète. Et, de fait, dès l'été de I806, les gouvernements étaient avertis qu'un mouvement révolutionnaire se préparait.
En juin et juillet, Gavour niait que l'agitation fût bien dangereuse et il l'excusait sur « l'état de fomentation excitée en Italie par les résultats peu satisfaisants de la paix, et par la persuasion que les efforts de la diplomatie n'aboutiront à rien de sérieux pour soulager les maux de ce pauvre pays2 ». A cette date, son optimisme pouvait se justifier : son erreur fut d'y persévérer. Chose singulière, malgré tous les avertissements, Cavour et Rattazzi ne voulaient point croire au danger; au début de juin 1857, la police française l'ayant fait avertir de l'explosion prochaine, Cavour répondit avec une politesse ironique que « cette nouvelle était dénuée de tout fondement,... notre pays esta l'abri de tout mouvement révolutionnaire; il n'aurait aucune chance de réussite, les agitateurs lesaventy »... et autres paroles rassurantes.
Il se trompait gravement, et plusieurs indices auraient dû lui dessiller les yeux : la région de Massa Carrara était dans un état perpétuel de trouble évidemment préparé et encouragé, œuvre d'Orsini; le frémissement s'était étendu à Livourne; Gênes s'émouvait, toujours ardente, facile à soulever; on a vu qu'un incident fiscal y avait amené la dissolu-