Cavour à E. de La Rue, 4 juillet
21 juin1, des mesures avaient été prises dont Mazzini eut connaissance : il donna contre-ordre, mais trop tard; dans la nuit du 29 au 30 juin, une bande de conjurés s'empara du fort du Diamant, qui domine la ville, désarma le piquet de garde et en tua le sergent; mais ne voyant personne venir à son secours, elle abandonna le fort et se dispersa. Ce. qu'apprenant, la police en fureur multiplia perquisitions et arrestations, cherchant dans tous les recoins l'invisible Mazzini, qui s'était éclipsé.
Enfin, à Livourne, l'insurrection conduite par Quadrio échoua piteusement.
Parturiunt montes : nascitur ridiculus mus.
A la nouvelle de ces événements, de la révolte à Gênes surtout, Cavour fut pris d'un de ces accès de colère, où il perdait son habituelle mesure2. Tout y passa : la maladresse de la police sarde, l'imprévoyance du ministre de l'Intérieur, mais surtout l'audace de Mazzini, qu'il détestait3 : « Cet infâme conspirateur est devenu un véritable chef d'assassins, écrivaitil, c'est un fou furieux, qui ne sait qu'organiser le crime sans se préoccuper du résultat ; il faut le pendre si on le trouve4 »; et à cette fin il organisa une véritable chasse à