‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 270 sur 347 · Cavour a Cassinis, 16 août · texte numérisé non relu

Cavour a Cassinis, 16 août

o. Cavour avait pensé avoir à Chambérv une entrevue personnelle avec l'empereur ; il y avait renoncé, lui trouvant « de graves inconvénients ». c Elle alarmerait l'Europe et surtout l'Angleterre, qui continue à se méfier de moi au plus haut degré. » A Nigra, 14 août 1860.

Farini et le général Cialdini, les envoyés de Cavo-ur; les deux Italiens ne dissimulent plus la participation de leur gouvernement à l'expédition des Mille ; ils exposent qu'il est trop tard pour empêcher Garibaldi d'arriver à Naples et d'y être proclamé dictateur ; on ne peut plus le combattre sur ce terrain, Persano se contentera de s'emparer des forts, de rallier l'escadre napolitaine et d'agir en accord avec Garibaldi. Ne pouvant prévenir celui-ci à Naples, il faut l'arrêter ailleurs. Ce sera dans l'Ombrie et dans les Marches. Un mouvement insurrectionnel va y éclater ; aussitôt, au nom des principes de l'ordre et de l'humanité, Cialdini entrera dans les Marches, Fanti dans l'Ombrie ; ils jetteront Lamoricière à la mer et s'empareront d'Ancône1. Puis ils marcheront sur Naples.

L'empereur a écouté, en silence, fermé, les yeux vagues, « d'autant plus imperturbable qu'il était intérieurement plus agité » (E. Ollivier). Qu'a-t-il répondu? Les deux Italiens, revenus à Turin, déclarent à leur chef qu' « il a tout approuvé» ; que « l'idée de voir Lamoricière aller se faire..., et ce moyen d'éventer les complots cléricaux et légitimistes lui ont beaucoup souri » ; qu'il a approuvé « sans réserve, le plan de campagne, en arrêtant les limites du champ d'opération de l'armée sarde » 2 ; la diplomatie jettera les hauts cris, mais elle laissera faire ; lui-même, se trouvant dans une position difficile, mettra en avant l'idée d'un Congrès. — Trois jours après, Cavour parle avec le ministre de France « de ce que l'empereur avait bien voulu dire à M. Farini au sujet de l'Italie. Sa Majesté, écrit M. Rayneval3, aurait exprimé à nouveau le

1. Cavour à Nigra, 29 août 1860. Cf. Bolléa, Cavour e la Spedizione délie Marche, loc. cit., p. 217.

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