‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 271 sur 347 · Cavour à Nigra, 12 septembre · texte numérisé non relu

Cavour à Nigra, 12 septembre

3. Rayneval (en l'absence de Talleyrand) à Thouvenel, 31 août 1860. La dépêche n'est pas au Livre jaune.

souhait qu'Elle formait de voir les Italiens arranger leurs affaires, en déclarant qu'Elle n'avait pas l'intention de s'en mêler, ni d'être garante en aucune façon du résultat des actes qui s'accompliraient dans la péninsule. L'empereur aurait toutefois recommandé au Piémont d'être modéré et surtout de ne pas attaquer l'Autriche ». — « Nous serons prudents aidant qu'il sera possible », ainsi promet Cavour, sans d'ailleurs faire allusion aux Marches et à l'Ombrie. Et quelques semaines plus tard, résumant l'entretien de Chambéry, le général Gialdini affirmera que les dernières paroles de Napoléon ont été : « Bonne chance et faites vite ' » .

Est-ce exact ? Sinon en la forme, qui nécessite une certaine mise au point, on ne peut douter que l'empereur ait approuvé, fût-ce tacitement, le plan exposé par les délégués de Cavour2. Car, peu d'heures après, il envoie à son ministre des Affaires étrangères cet important télégramme : « M. Farini m'a parlé avec une grande franchise. Voici son but et celui de M. de Cavour : s'emparer du mouvement ; conserver au pape le patrimoine de saint Pierre ; empêcher toute attaque contre la Vénétie, invoquer le concours de l'Europe pour régler les affaires d'Italie, une fois que Naples et les Marches seront en leur pouvoir3 ». Que l'empereur n'ait pas brisé net l'entretien, qu'il n'ait point déclaré aux Italiens son opposition catégorique à cet ambitieux projet, qu'il ait laissé parler avant de laisser faire, c'était à n'en point douter une autorisation plus qu'implicite : qui ne dit mot, consent.

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