‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 276 sur 347 · De La Gorce, Second Empire, III, p · texte numérisé non relu

De La Gorce, Second Empire, III, p

3. L'empereur à Thouvenel, 9 septembre, 3 h. 20 soir ; Thouvenel à Rayneval, même jour, 7 heures soir.

La réponse de Victor-Emmanuel était facile à prévoir : « Depuis hier l'insurrection a éclaté sur un grand nombre de points des Marches et de l'Ombrie ; des gouvernements provisoires ont été établis à Urbin et à Citta-della-Pieve; ils m'ont envoyé des députés qui sont en route pour Turin; j'accepterai la protection. » Le roi ajoutait qu'il avait délégué le comte de la Minerva à Rome pour demander la dissolution des corps étrangers et qu'il y avait urgence d'arrêter Garibaldi en envoyant des troupes sardes à la frontière de Naples. « Tout ceci, terminait il, est conforme au programme exposé par Farini1. »

Cependant, Thouvenel, insistant sur l'urgence d'une démarche diplomatique, avait sollicité de l'empereur l'autorisation d'adresser au cabinet de Turin, en dehors de la correspondance personnelle entre les souverains, une note de protestation"; il envoya, sur Tordre de Napoléon3, ce télégramme à M. de Talleyrand, rentré à Turin : « Passez immédiatement à M. de Cavour la note suivante : « Le soussigné, etc., a l'honneur d'annoncer à S. E. M. de Cavour qu'il a reçu l'ordre de déclarer, au nom de S. M. l'Empereur, que, s'il ne lui est pas donné l'assurance que la note adressée par le gouvernement sarde à la cour de Rome n'aura pas de suite et que l'armée sarde n'attaquera pas les troupes pontificales, la France se verra dans la nécessité de rompre ses relations diplomatiques avec le cabinet de Turin et de désavouer ainsi publiquement une politique qu'elle juge dangereuse pour le repos de l'Europe et funeste pour l'Italie '• ».

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