Thouvenel à Talleyrand, 10 septembre 1860 (soirée
Mais trois jours étaient passés dans ce jeu de télégrammes, alors qu' «il n'y avait pas un instant à perdre », suivant la juste expression de M, Thouvenel. Les délégations étaient arrivées d'Ombrie et des Marches à Turin, le roi les avait reçues le il septembre et leur avait promis sa protection1; sans attendre la réponse du pape (qui fut une protestation indignée), le gouvernement sarde donna ordre au général Fanti d'avancer le jour même2 ses troupes sur le territoire pontifical'; la flotte sarde quitta la mer Tyrrhénienne pour l'Adriatique ; et le roi adressa à ses soldats une proclamation déclarant qu'ils allaient libérer les malheureuses provinces italiennes des compagnies étrangères, d'ailleurs que luimême voulait respecter le siège du chef de l'Église et n'avait d'autre ambition que « de restaurer les principes de Tordre noral en Italie et de préserver l'Europe des continuels périls de la révolution et de la guerre ». — C'était de l'homœopathie.
Ce même 1 1 septembre, Cavour recevait le baron de Talleyrand qui lui apportait la sévère mais tardive remontrance de M. Thouvenel. 11 répliqua vivement : « Si nous ne sommes pas à laCattolica avant Garibaldi, nous sommes perdus et ignominieusement jetés dans la boue par lui. La révolution envahit l'Europe entière. Si notre mouvement donne lieu à une intervention autrichienne dans les Etats de l'Église, tant mieux, nous pouvons, je crois, les battre en dehors du quadrilatère; là je crois qu'ils sont inattaquables. Placé au pied du mur et entre deux périls égaux, je préfère