Cavour à Farini, 14 décembre
5. Cavour à Cassinis, 14 décembre 1861. En mars, Napoléon III pensait que Cavour seul pourrait mettre de l'ordre à Naples. Vimercati à Castelli, l'J mars 1861.
Cependant Victor-Emmanuel, qui prolongeait son séjour à Naples, mais en « se tenant étranger, selon son habitude, aux luttes des partis1 », se rendit en Sicile où la situation politique n'était guère meilleure. Il y fut accueilli avec enthousiasme par une population depuis longtemps détachée de la maison de Bourbon2; mais les acclamations passaient, les difficultés demeuraient et le lieutenant général Montezomolo fut fort embarrassé : il avait deux excellents collaborateurs, Cordova et La Farina (l'ami de Gavour), dont l'impopularité fut rapidement telle que le premier ministre jugea bientôt prudent de les rappeler3. Retourné à Naples, Victor-Emmanuel y prolongea son séjour peut-être dans le vain espoir d'assister à la reddition de Gaëte; à la fin de décembre, il revint à Turin; dans ses audiences du nouvel an, il « déplorait les difficultés qu'il y avait à gouverner les habitants de Naples4 ».
Il ne crut pouvoir mieux faire que d'y envoyer son cousin et habituel suppléant, le prince de Carignan, qui, comme régent, avait gouverné le Piémont avec intelligence et fermeté, et de lui adjoindre l'habile chevalier Nigra, « provisoirement, Paris restant toujours sa destination définitive5 ». Dès son arrivée à Naples, le prince opéra quelques réformes utiles, mais il eut l'idée singulière de confier le portefeuille de l'Intérieur à l'ineffable Liborio Romano, qui compliqua, comme à plaisir, une situation pourtant assez compliquée.
Gaëte était sacrifiée : Vimercati, l'envoyé extraordinaire