‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 34 sur 347 · Cavour à de La Rive, août · texte numérisé non relu

Cavour à de La Rive, août

Mais ces difficultés étaient faciles à surmonter si le Piémont conservait l'appui de la France. Or, la France avait dès lors, et chaque année davantage, deux politiques : celle du quai d'Orsay et celle des Tuileries. Le ministre des Affaires étrangères, comte Walewski, conservateur des situations acquises, dévoué au Saint-Père par sa foi sincère, favorable à l'Autriche, avait triple raison de se méfier des menées du Piémont ; il n'aimait point Cavour, qui ne l'ignorait point, et payait de retour : « Je connais, écrivait le Sarde, l'antipathie de Walewski pour notre pays et surtout pour moi1 ». Mais le ministre français était un homme équitable" et lorsque la cour de Vienne « mettait son poing de grande puissance sous le nez du petit Piémont » (comme disait un jour gaillardement Bismarck), il intervenait avec loyauté : ainsi fit-il dans l'affaire des séquestres, lors de l'expulsion de Milan du sénateur Plezza, et en d'autres occasions ; de lui, le royaume de Sardaigne pouvait attendre justice, mais ni confiance, ni surtout appui dans ses grands desseins. De Napoléon III, il espérait tout : sans doute, la politique de l'empereur était faite de tels tours et détours que le représentant de la cour de Vienne à Paris était convaincu que « Napoléon veut l'alliance intime avec l'Autriche J ». Depuis les entretiens intimes de Gompiègne et des Tuileries, Cavour savait qu'il n'en était rien, mais encore fallait-il entretenir, développer les bonnes intentions de l'empereur envers l'Italie, et ce n'était point là affaire à traiter par la voie officielle, qui était la correspondance de Gramontet Walewski, tous deux hostiles à un bouleversement dans la péninsule. Cavour chargeait parfois son ministre à Paris, d'entretenir personnellement le monarque de questions déli-

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