Leti, Roma e lo Stato Pontifico dal 1849 al 1810, p
2. Hùbner, Neuf ans de souvenirs d'un ambassadeur autrichien à Paris.
appui à Turin en demandant à Cavour « son mot d'ordre ». L'influence de ces groupes de patriotes allait sans cesse en grandissant, gagnant les jeunes, étudiants et ouvriers, et leur propagande faisait « boule de neige » *.
Le Vatican comprenait aisément que du Piémont venaient les fâcheux exemples, les mauvaises pensées et les excitations à la résistance. Les relations entre les deux cours étaient difficiles, car elles représentaient deux tendances, deux écoles différentes, le royaume sarde s'étant renouvelé et renforcé par la liberté de la pensée, de la parole et de la plume, le gouvernement du Souverain Pontife ne pouvant, par essence, que se maintenir sur le principe de l'autorité dogmatique. Cavour essayait, mais en vain, de rétablir « l'harmonie » entre l'Église et l'État : tantôt il chargeait son représentant à Rome, le marquis Migliorati, de démontrer « la sincérité de ses sentiments de conciliation »2, tantôt il demandait au Père Jacques3 qui se rendait à Rome, de solliciter une audience pontificale, et d'exposer à Pie IX « le vrai état de notre religion », puis de glisser, « sur le mode le plus confidentiel, quelques propositions dénature à concilier les dissentiments entre l'Église et l'État »4; ou encore il priait l'archevêque de Gènes, Mer Charvaz, de faciliter la solution de questions épineuses3. Parfois on croyait à la possibilité d'un
1. Minghetti, Mieï Ricordi, t. III, p. 134; la correspondance si intéressante de Minghetti montre au vif ce travail préparatoire de la Révolution.