Bianchi, Storia documen/ata, t. VII, p
Le cabinet napolitain ne manquait point d'accuser, tantôt sourdement et tantôt ouvertement, Cavour et ses amis de favoriser, voire de fomenter ces troubles ; le ministre sarde s'en défendait fort, et protestait de son innocence. « Je répudie ces actes, disait-il à la Chambre le lo janvier 1857, je les répudie hautement dans l'intérêt même de l'Italie... ; de tels faits ne sont point imputables au parti national italien, mais à l'action isolée de quelques infortunés égarés par leurs illusions et dignes seulement de pitié. «Mais il ajoutait ces paroles, grosses de réserves et de menaces : « Tant que nous serons en paix avec les potentats du reste de l'Italie, nous n'emploierons point de mo}-ens révolutionnaires, nous ne fomenterons ni désordre ni rébellion. »
A Rome et dans les Etats pontificaux, le gouvernement, étroitement soumis à l'influence autrichienne, persévérait dans sa manière d'assoupissement ou d'étouffement, « patient parce qu'éternel ». Des institutions de 1848, on n'avait conservé que la figuration. « Que voulait-on de plus? Tout était bien ainsi1. » Et si quelque puissance, France ou Angleterre, protestait que les choses allaient mal, on annonçait un jour de nouvelles réformes, pour oublier la promesse dès le lendemain. « L'Etat du pape, c'est le gouvernement des prêtres », disait Napoléon III 2, qui le soutenait. Pourtant, là aussi une opinion publique se formait, s'éclairait, réclamait de nouvelles institutions ; dans les provinces au nord des Apennins, surtout, vivait une bourgeoisie intelligente, lettrée, admiratrice du passé, de l'Italie antique comme de l'Italie de la Renaissance, frémissante de colère contre la torpeur des papes et l'insolence de l'Autriche, et, pour secouer le joug, cherchant son