‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 47 sur 347 · Cavour à Vigliani, 10 février · texte numérisé non relu

Cavour à Vigliani, 10 février

L'ATTENTAT DORSINI. L'ENTRETIEN DE PLOMBIERES 6a

Plusieurs fois par semaine, le prince de La Tour d'Auvergne reparaissait au ministère, grave, sévère, et renouvelait ses représentations : il fallait diriger sur l'Amérique du Sud les réfugiés politiques sans attaches en Piémont; interdire immédiatement la publication de Ultalia del Popolo; demander au Parlement une loi qui portât, devant les tribunaux correctionnels, les diffamations et menaces contre les souverains étrangers ; et le diplomate glissait au Président sarde ce conseil : « Profitez de la circonstance pour entrer dans la voie que je vous indique confidentiellement1. » Cavour protestait de la pureté de ses intentions et de la difficulté des temps2 : il se plaignait de « l'arrivée journalière d'un nombre considérable d'habitants des Romagnes qui, expulsés de leur pays, se trouvaient réduits, après s'être vu refuser l'entrée des États de Modène, à se réfugier en Piémont » ; il objectait que la loi sur la presse ne lui permettait pas de supprimer LItalia del Pupolo, que la Chambre n'accepterait vraisemblablement point de bouleverser la législation, et qu'à insister, il tomberait, ce que le prince ne voulait certainement pas; mais pour faire droit aux plaintes du gouvernement français, il était disposé à poursuivre en police correctionnelle les articles renfermant des outrages à l'empereur, si le gouvernement impérial en exprimait le désir « une fois pour toutes ». La Tour d'Auvergne trouvait ces déclarations insuffisantes, se sentait joué, et s'irritait. Dans une dépêche où il exposait à son ministre la vanité de ses admonestations, il écrivait : « J'ai ajouté (au comte de Cavour) que je m'apercevais avec un sentiment de tristesse véritable, qu'il y avait de sa part comme un parti pris de ne tenir aucun compte de la situation tout exceptionnelle ». Cavour alors

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