‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 49 sur 347 · lnfra, p · texte numérisé non relu

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du gouvernement impérial en prenant une série de mesures que ses adversaires de gauche lui ont amèrement reprochées. Dès son arrivée au ministère de l'Intérieur, Cavour avait adressé aux intendants des provinces une circulaire où il annonçait la réorganisation de la police, que son prédécesseur avait laissée en assez mauvais état; lui-même se mit « assidûment à cette tâche ingrate1 », et il y réussit suffisamment pour mériter les éloges du sévère comte Walewski2 ; mais c'était la partie la plus facile de sa tâche.

Plus délicate était la question des émigrés. Ils étaient, à Gênes seulement, au nombre de 1.893 environ3, dont la majorité, 1.393 avec cartes régulières, 300 avec passeports, 100 en résidence temporaire, une centaine sans autorisation. On les répartit suivant leur situation de famille, leurs antécédents, leur conduite, en diverses catégories, les mieux traités restant à Gênes, d'autres en résidence dans le royaume, les plus dangereux internés ou expulsés ; et comme le gouvernement helvétique se plaignait d'en recevoir en trop grand nombre, qu'il n'était pas possible de les diriger sur la frontière française, il fallut en expédier un certain nombre sur l'Amérique du Sud où dès lors la colonie italienne était développée, mesure rigoureuse, dure, dont Cavour reconnaissait toute la brutalité : « Certes, nous n'y allons pas de main morte », écrivait-il lui-même*, et il mandait à l'intendant de Gênes d'agir « avec promptitude et énergie5 ».

Plus épineuse encore était la question de la presse. Avec obstination, Cavour refusa de supprimer le journal mazzinien,

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