‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 50 sur 347 · Cavour à Conte, 5 février · texte numérisé non relu

Cavour à Conte, 5 février

Vltalia del Popolo, ou de solliciter du Parlement une loi qui permît de prendre régulièrement cette mesure : mais il considéra qu' « il pouvait et devait faire tous ses efforts pour réduire au silence une feuille qui est en ouverte et violente contradiction avec les lois de l'État1 » ; accablé de saisies à la moindre incartade, de poursuites à la moindre infraction de compétence correctionnelle, écrasé d'amendes, son directeur en prison, le journal dut renoncer à la lutte2, et, le 29 août, Gavour annonçait au ministre de France la fin de sa publication. « Il a fallu, ajoutait-il, plus de temps que je ne le pensais pour arriver à ce résultat, mais enfin nous l'avons obtenu1. » Restait la modification demandée par le gouvernement français à la loi sur la presse, consistant à enlever au jury la connaissance de certaines infractions d'ordre politique : ici une grave question de principe était en jeu. Personnellement, Cavour estimait, de longue date, que de tels délits doivent être jugés uniquement par cette émanation du pays lui-même qu'est le jury; il pensait que la loi devait être améliorée non dans son texte, mais dans son application, par un meilleur choix et une plus complète éducation des jurés; et, tout en résistant aux propositions radicales du cabinet français, il cherchait dans les travaux des criminalistes anglais et italiens'* le meilleur moyen de perfectionner le recrutement du jury. Un incident judiciaire le força à brusquer son étude. Le journal La Ragione, poursuivi comme on l'a déjà dit pour l'apologie du crime d'Orsini, fut acquitté par la cour d'as-

1. Cavour à Vigliani, avocat général à la Cour cTappel de Gênes, 10 février 1858.

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