‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 6 sur 347 · Cavour à M«» Charvaz, 13 novembre · texte numérisé non relu

Cavour à M«» Charvaz, 13 novembre

rapprochement entre le Saint-Siège et la Cour de Turin l ; bref espoir, car les persuasions les plus onctueuses et subtiles du ministre sarde se heurtaient à l'obstination du cardinal Antonelli, à la pression autrichienne, qui était décisive, à toute une ambiance hostile à la pensée autant qu'à l'action du Piémont.

Au printemps de 1857, le Saint-Père décida de se rendre dans les Romagnes, pour « relever par l'attrait religieux de sa présence le prestige de son autorité effondrée2. » Victor-Emmanuel et Cavour résolurent de lui dépêcher un envoyé extraordinaire, non pour entamer des négociations sur les questions en litige, mais « uniquement pour faire acte de déférence et de respect pour le chef de l'Eglise et envers un prince italien3 ». C'était là une manifestation importante et non sans péril : car si elle pouvait apporter quelque détente entre les deux États et rallier au gouvernement certains catholiques affligés de leurs pénibles relations, elle exposait le ministère aux critiques de ses adversaires et même de certains amis de gauche. On choisit pour remplir cette mission le ministre de Sardaigne à Florence, Boncompagni, homme de tact et de conciliation, et il se rendit à Bologne pour remettre à Pie IX une lettre autographe de Victor-Emmanuel (12 juin). L'accueil du Souverain Pontife fut « froid »% l'entretien ne roula que sur des sujets d'une courante banalité; à l'issue de l'audience, le pape bénit les troupes autrichiennes, « en riposte à l'ambassade sarde », disait-on parmi les libéraux de Bologne5. Et le duc de Gramont de conclure avec justesse : « En

Page 1