Minghetti à Pasolini, 13 juin
somme, la mission du gouvernement sarde auprès du Saint- Père n'a porté aucun fruit... Mieux eût valu qu'il n'en eût jamais été question1. »
En Toscane, le grand-duc Léopold ne demandait guère autre chose, sinon qu'on le laissât jouir de la vie dans son palais Pitti, mais ses ministres étaient moins débonnaires et ses peuples plus turbulents. Le président du Conseil, Baldasseroni, était inféodé à l'Autriche et accusait le cabinet sarde de fomenter du désordre dans des pays tranquilles2. Ici encore, Cavour procédait par la manière douce et donnait à son ministre plénipotentiaire, Boncompagni, des instructions pour tenter un rapprochement entre le Piémont et la Toscane, qui eût pu aller jusqu'à une alliance contre l'Autriche ; le gouvernement toscan repoussa toutes avances; des démêlés de médiocre importance, mais irritants, surgissaient sans cesse entre les deux cours ; et cependant à Florence, à Livourne, à Pise, le parti libéral se développait, se fortifiait, se préparait au grand combat 3.
Pareil conflit dans les duchés. A Parme, la duchesse, qui avait pris la régence à la mort de son mari, aurait voulu se débarrasser de la suzeraineté des Autrichiens % qu'elle trouvait compromettants et dangereux; avec intelligence, elle percevait que son peuple serait d'autant plus porté vers le Piémont, que son gouvernement se tournerait vers Vienne; déjà ce bon peuple avait esquissé une petite rébellion et cassé quelques vitres; elle s'adressa donc à la France, qui « lui donna des conseils très anti-autrichiens et passablement libé-